Bruxelles : un malaise inédit entre musulmans et non-musulmans


Partager
Bruxelles : un malaise inédit entre musulmans et non-musulmans
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
2 min

musulmans

Selon une étude menée par trois chercheurs du Cismoc de l’UCL, Centre interdisciplinaire d'études de l'islam dans le monde contemporain, il existe à Bruxelles des "crispations réciproques entre musulmans et non-musulmans". Le sentiment n’est pas nouveau mais le malaise a pris ces dernières années "une ampleur inédite", peut-on lire ce jeudi 9 octobre dans les colonnes du quotidien Le Soir.

L’actualité internationale n’est pas pour rien dans le sentiment de malaise généralisé à Bruxelles. L’accumulation de diverses fractures - économique, sociale, ethnique et générationnelle - contribue également aux tensions qui règnent réciproquement entre les musulmans et non-musulmans. Les trois chercheurs du Cismoc, dont Brigitte Maréchal, ont réalisé 150 entretiens durant lesquels quatre grands thèmes ont été abordés: les jeunes, les services publics, les entreprises et l'islamophobie. L’étude a imaginé plusieurs forums de discussions au cours desquels des groupes d’individus étaient invités à exprimer leurs sentiments et opinions. Les chercheurs ont veillé à respecter les parités musulmans/non-musulmans et hommes/femmes durant ces entrevues.

La conclusion de l’étude est sans équivoque: entre musulmans et non-musulmans, "il existe aujourd'hui un malaise réciproque qui ne peut être nié", affirme Brigitte Maréchal. La chercheuse pointe notamment les attitudes et positions différentes sur le phénomène religieux, l'imaginaire, les fantasmes et les préjugés, ainsi que la méconnaissance de l'autre et une certaine fatigue de la multiculturalité. Autant de facteurs qui mènent à un repli identitaire, a-t-elle ajouté.

Recontextualiser, changer de regard

Les trois experts appellent chacun à adopter davantage une attitude autocritique et à exprimer les tensions et malaises qui les habitent. Ils invitent toute personne à oser de vrais débats sur des sujets tels que le machisme grandissant des jeunes garçons à l'égard des filles, la relation sciences et foi, la question du halal à l'école ou celui des salles de prières dans les entreprises. " Il faut absolument changer d’attitude", poursuit Brigitte Maréchal , "et rompre avec les extrémismes parce que pour l’instant ces positions extrêmes dominent le débat public et tout le monde se laisse influencer par ces positions qui, elles-mêmes, influencent l’imaginaire, et par conséquent les relations."

"Il y a des solutions", concluent les trois chercheurs, "mais il faut oser regarder les problèmes en face. On devrait être capable de repenser les choses ensemble". L'importance du contexte est rappelé dans les conclusions de l'étude qui souligne qu'un changement de mentalité s'opère nécessairement par une plus grande, et meilleure, formation.

S.T. (d’après Belga)

Catégorie : Belgique

Dans la même catégorie