Des fraudeurs, il y en a. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à manipuler le système de revenu d’insertion pour en bénéficier. En moyenne, un fraudeur est identifié chaque semaine.
L’inspection belge de l’intégration sociale a publié des statistiques concernant les fraudes liées à ce revenu. Nos confrères du journal Le Soir ont pu se procurer l’étude et en ont publié les principaux résultats ce matin. Il apparait que 5% des bénéficiaires du revenu d’insertion perçoivent cette aide illégalement. Ces fraudeurs n’hésitent pas à travailler au noir, à utiliser une adresse fictive ou à ne pas déclarer de revenus ou de patrimoine pour bénéficier de cette aide sociale.
Pour lutter contre ce phénomène, le CPAS de Charleroi a mis en place l’année dernière un système de contrôle. Cette nouvelle cellule a pour première mission de vérifier que les allocataires répondent aux conditions d’octroi des aides financières de première ligne et que l’argent public sert réellement à aider les personnes les plus démunies. Depuis sa création, il y a tout juste un an, la cellule a traité pas moins de 300 dossiers. "Une fois sur cinq (…), les fraudes sont établies. Des mesures de récupération ou de suppression des revenus sont alors mises en œuvre. Au cours des sept premiers mois d’activité, notre cellule contrôle a identifié 34 situations illégales grâce à des échanges de données avec la banque carrefour, des rapports judiciaires ou des visites d’inspection sur place", a précisé le président du CPAS Eric Massin dans Le Soir.
Un mensonge à 10.000 euros
"Un revenu d’insertion indûment perçu pendant un an au taux isolé, cela se chiffre tout de suite à plus de 10.000 euros. Au cours de sa première année d’exercice, notre cellule a ainsi pris des mesures dont le total oscille entre 200 et 300.000 euros", poursuit-il.
Le président cite en exemple un propriétaire de plusieurs bâtiments qui a avoué avoir "oublié" de mentionner le fait qu’il détenait quinze logements, desquels il percevait plus de 6.000 euros de loyers mensuels, tout en touchant en même temps un revenu d’intégration.
Un oubli peu crédible qui risque de lui coûter très cher. Les dispositions prises en cas d’abus vont en effet "de l’arrêt pur et simple du paiement des allocations à la demande de remboursement avec saisie conservatoire et inscription hypothécaire des biens", explique le directeur du CPAS. Ce dernier estime que les enquêtes sont menées avec fermeté et humanité. "Notre boulot n’est pas de fliquer les gens mais de répondre à la détresse", a-t-il insisté.
En plus des deux assistants sociaux que comprend la cellule de contrôle depuis sa création, deux nouveaux agents astreints au secret professionnel ont rejoint l’équipe. Au total, 5.124 bénéficiaires du revenu d’intégration sociale sont recensés à Charleroi.
S.T. (d’après Le Soir)


