Déchiré par une guerre civile depuis fin 2013, le Soudan du Sud traverse actuellement une grave crise alimentaire. Elle pourrait se transformer en famine si rien n'est fait pour mettre un terme au conflit qui ravage le pays. L'ONU appelle les pays donateurs à tenir leur engagements et à augmenter leur contribution.
Dans une déclaration unanime adoptée le 25 juillet dernier, les quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont fait part de leur vive inquiétude concernant la grave crise alimentaire que traverse actuellement le Soudan du Sud. "La pire au monde", ont-ils précisé. Contrairement ce que l'on pourrait penser, cette crise n'est pas due aux conditions climatiques – cette année, les pluies devraient être dans la moyenne ou légèrement en-dessous –, mais à la guerre civile qui déchire le pays depuis fin 2013 et à ses répercussions, notamment sur les activités agricoles. Depuis le début de la guerre, des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées.
Reprendre les pourparlers de paix
Si le conflit continue et si l'aide internationale n'augmente pas, le Soudan du Sud risque de sombrer dans la famine, a affirmé, il y a peu, le Comité d'urgence britannique pour les catastrophes. L'ONU appelle donc le gouvernement du président Salva Kiir et la rébellion dirigée par son ancien vice-président Riek Machar à cesser les hostilités et à reprendre les pourparlers de paix. Ceux-ci sont effectivement suspendus depuis le 23 juin dernier, les deux parties se rejetant mutuellement la responsabilité du blocage. L'ONU demande également aux belligérants de protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants, et de faciliter la livraison de l'aide humanitaire.
A ce sujet, le Conseil de sécurité exhorte les pays donateurs, qui se sont engagés en mai dernier à verser plus de 618 millions de dollars, lors d'une conférence à Oslo, à "tenir leurs engagements et à augmenter leur contribution". Pour le moment, l'ONU ne dispose que de 40% des fonds nécessaires pour l'aide humanitaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Unicef "redoutent que le monde permette une répétition de ce qui s’était passé en Somalie et dans la Corne de l’Afrique il y a tout juste trois ans: des mises en garde précoces contre une grave famine et une malnutrition croissante avaient alors été largement ignorés, jusqu’à ce que le niveau de la famine soit officiellement annoncé".
Pascal ANDRE

