Grand afflux de réfugiés syriens pour ce petit pays qu'est le Liban. Chaque jour, ils sont 2.500 à passer la frontière.
Le Liban serait-il devenu une victime collatérale de la guerre en Syrie? Pour preuve, le nombre de Syriens venant se réfugier au Liban. Ce nombre ne fait que croître et a actuellement atteint le million, inondant le pays du cèdre de personnes désorientées, blessées et meurtries, autant physiquement que psychologiquement. Ce million de réfugiés, dont 500.000 enfants, représente 25% de la population libanaise. D’après l’ONU, quelque 6,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de la Syrie et 2,6 millions ont fui le pays, s’installant principalement chez les voisins, mais c'est au Liban que le flux migratoire est le plus important.
Le Liban paie un lourd tribut
Déjà meurtri par des années de guerre non encore oubliées, le Liban subit une catastrophe économique suite à la venue des trop nombreux réfugiés. Le commerce et le tourisme en pâtissent, sans parler des soins de santé et de l'éducation des enfants. Ceux qui sont en âge d’être scolarisés dépassent désormais les 400.000 dans les écoles publiques. Plus que les enfants libanais!
Le Liban est un pays qui reste fragile du point de vue politique et économique et l'afflux de réfugiés syriens pourrait mettre à mal son économie et son espoir de connaître un jour paix et sécurité.
Une aide internationale espérée d'urgence
Le père Paul Karam, prêtre maronite, a été nommé à la présidence de Caritas Liban. Il a pris ses fonctions le 1er avril pour un premier mandat de trois ans; c'est lui qui devra gérer l'urgence humanitaire que connaît son pays. Il estime que l'Eglise ne peut le faire seule et appelle à l'aide la communauté internationale.
Le président de Caritas Liban au micro de Radio Vatican: "C'est au-delà des ressources du Liban et de l'Eglise du Liban. La communauté internationale doit aussi assumer ses responsabilités vis-à-vis de cet afflux. On sait toujours trouver de l'argent pour faire la guerre, mais pas pour faire la paix et donner à manger à ceux qui ont faim."
Il est vrai que les besoins sont nombreux et que la réponse à ces besoins pourrait, selon le père Karam, se situer sur deux axes. Un axe politique pour négocier. Un axe humanitaire pour vivre avec dignité.
S.B
(c) Photo: caritas
