Dans une lettre adressée au pape François et diffusée sur un site internet religieux grec, deux leaders de l’Eglise grecque-orthodoxe estiment qu' "aucun compromis ne peut exister entre l'orthodoxie et le papisme".
Dans cette lettre (en anglais), ou plutôt ce document (il fait 89 pages!) les métropolites André de Dryinoupolis et Séraphin du Pirée (photo) affirment agir "par amour". Mais cela étant dit, le but de cette lettre est surtout de "faire revenir les hérétiques à la Sainte Eglise orthodoxe, de laquelle le pape semble s’être éloigné".
Les métropolites critiquent notamment les points de dogmes qui font traditionnellement débat entre orthodoxie et catholicisme: le fameux Filioque du symbole de Nicée-Constantinople, l'infaillibilité, le dogme de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de Marie, la doctrine du purgatoire… Mais ils pointent également quelques gestes du pape François: les indulgences accordées via Twitter aux fidèles qui ont suivi les JMJ sur le réseau social, ou encore sa bénédiction d’une moto Harley Davidson.
Faut-il voir dans cette lettre une provocation de plus de la part du patriarche du Pirée? Le métropolite, également connu pour ses dérapages antisémites, semble avoir "un œuf à peler" avec l'Eglise catholique. En 2012, il avait déjà lancé une série d’anathèmes, dont un à l’encontre de Benoît XVI. Et en avril de cette même année, il avait intenté une action en justice contre l’archevêque catholique d’Athènes, Mgr Nikolaos Foskolos, pour "prosélytisme illégal". Ce dernier était accusé de violer la Constitution grecque parce qu’il administrait une école catholique au Pirée.
P.G. (avec La Vie)
