Les 5 et 6 mai prochains, le Comité des Nations Unies contre la torture va auditionner le Saint-Siège. Les abus sexuels sur mineurs pourraient figurer parmi les questions qu'il soumettra à la délégation du Vatican.
Du 28 avril au 23 mai, le Saint-Siège participera, comme une douzaine d'autres pays, à la 52e session du Comité contre la torture des Nations Unies, présidée par Claudio Grossman (photo). Comme son nom l'indique, celui-ci a pour but de prévenir et lutter contre la torture et les traitements inhumains et cruels. Conformément à la procédure habituelle, le Saint-Siège commencera par présenter un rapport sur la façon dont il applique la convention qu'il a signée en 2002. Il y explique notamment le fonctionnement de sa gendarmerie et les conditions d'incarcération de Paolo Gabriele, le majordome de Benoît XVI impliqué dans l'affaire Vatileaks.
Des pressions de l'association américaine Snap
Le lendemain, la délégation du Saint-Siège répondra aux questions des membres du comité. Elle redoute toutefois que certains d'entre eux ne l'amènent sur le terrain des abus sexuels commis par certains clercs. Il semble en effet que Snap, l'association américaine des victimes de pédophilie, ait fait pression pour que ce sujet soit abordé. Pour elle, en effet, le viol d'enfants peut être assimilé à de la torture et des traitements inhumains. En janvier dernier, elle avait déjà été très active devant le comité des droits de l'enfant, où le Saint-Siège a connu une audition longue et musclée.
Pour contrer les éventuelles attaques, quatre ONG catholiques – Caritas Internationalis, le Service jésuite des réfugiés (JRS), le Comité international catholique des migrations et le Bureau international catholique de l'enfance (BICE) – ont déposé la semaine dernière une lettre au secrétariat du comité contre la torture pour assurer notamment qu'en travaillant de près avec l'Eglise catholique, elles n'ont pas été témoin de mauvais traitements.
P. A.
Photo: Claudio Grossman, président du comité des Nations Unies contre la torture
