Le président du Parlement flamand va présenter des excuses officielles pour tous les actes de pédophilie commis dans ses écoles et institutions de jeunesse. Une manière de rappeler que l’Eglise n’est pas la seule touchée par la pédophilie.
En réalité, l’initiative fait suite au vote d'une résolution en ce sens au parlement flamand et concerne les victimes d'abus sexuels en dehors de l'Eglise. "Je présenterai des excuses à l'égard de toute personne qui a été abusée et de celles qui le seront encore", a commenté Jan Peumans (N-VA), le président du Vlaams Parlement. "C'est un signe clair à l'égard de la société, un témoignage de soutien, nous prenons l'engagement d'éviter cela à l'avenir, et chacun en sera responsable", a-t-il ajouté.
Le président du Parlement flamand présentera ses excuses officielles mardi prochain. Preuve de la prise de conscience du monde politique flamand, un monument sera également érigé.
Ce mouvement d'introspection sur les abus commis dans des institutions en dehors de l'Eglise était une initiative du ministre flamand de la Santé Jo Vandeurzen (CD&V). S'il ne s’agit pas encore de condamner les pédophiles (dont certains sont déjà décédés), ces excuses officielles vont ouvrir un nouveau chemin de guérison aux victimes de la pédophilie dans l’enseignement.
Les Francophones en retard?
La déclaration historique de Jan Peumans sera-t-elle suivi du côté francophone? Pour une fois, il serait bon de ne pas chercher à se distinguer de la Flandre pour le plaisir.
Mais pourtant, interrogée sur les ondes de RCF, la députée Karine Lalieux a estimé que le débat sur les affaires de pédophilie hors de l’Eglise catholique n’étaient pas à l’ordre du jour, car étant "récentes" et donc du ressort de la justice. Une attitude un peu interpellante dans la mesure où il est peu croyable que seule l'Eglise ait pu être responsable de faits aujourd'hui prescrits par la justice! Suivre l'exemple de la Flandre serait peut-être un acte courageux?
Fin 2010, Mgr André-Joseph Léonard avait proposé la création d’un fonds d’indemnisation de toutes les victimes: aussi bien les victimes de prêtres que celles d’enseignants ou d’éducateurs sportifs. A l’époque, la Commission "Abus sexuels" (présidée par Karine Lalieux) avait bondi. "Une fois de plus, l’Eglise ne reconnaît aucune responsabilité morale! avait-elle écrit sur son blog (mercredi 22 décembre 2010). Pourtant, les nombreuses personnes victimes de professeurs ou d’entraîneurs pédophiles attendent encore un geste.
MB/JJD


