Brésil : Les dessous de la Coupe du Monde


Partager
Brésil : Les dessous de la Coupe du Monde
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

enquete BresilDeux journalistes belges ont enquêté durant cinq mois sur la face cachée du mondial. Elles reviennent avec un documentaire qui montre une réalité bien plus noire que l’image que le Brésil souhaite vendre aux médias.

L'organisation des événements sportifs mondiaux pose de plus en plus question. Après les J.O. de Sotchi, qui sont jusqu'à ce jour les Jeux Olympiques d'hiver les plus chers jamais organisés (37 milliards d'euros), c'est aujourd'hui la première puissance économique d'Amérique du sud qui est pointée du doigt pour l'argent qu'elle injecte dans la construction et l'aménagement des stades de football. Mais le problème déborde largement des stades car le Brésil mène, en vue de sa Coupe du Monde, une campagne de nettoyage depuis plusieurs années. Celle-ci passe par de très nombreuses expropriations et des déplacements de populations pourtant fragiles. Un problème propre au Brésil? Rien n'est moins sûr. En 2022, la Coupe du Monde se déroulera au Qatar. Le choix du pays avait déjà soulevé bien des critiques que la surexploitation et la mort d'ouvriers travaillant à la construction des stades ne font que confirmer.

Le désenchantement des Brésiliens
Dans quelques mois, le Brésil accueillera le Mondial de football. 3 millions de touristes, dont 600 000 étrangers, assisteront à cet événement et circuleront entre les 12 villes hôtes. Les fans du monde entier s’attendent à vivre la plus grandiose des Coupe du Monde, au pays du football. Mais les Brésiliens partagent-ils cet enthousiasme? Dans ce pays paradoxal, à la fois émergent, en pleine croissance économique, mais qui connaît également de grandes inégalités sociales et une pauvreté extrême, la colère gronde. Depuis plusieurs mois, on assiste à des manifestations qui rassemblent des dizaines de milliers de personnes qui demandent au gouvernement brésilien d'investir l'argent du pays au bénéfice de la population. Certains appellent même à boycotter la Coupe du Monde

L'envers du décor
Maryse Williquet et Clémentine Delisse, deux jeunes journalistes diplômées de l’IHECS à Bruxelles, sont parties à la rencontre des Brésiliens qui ne veulent pas de ce Mondial. Pendant près de cinq mois, elles ont mené leur enquête dans l’une des 12 villes hôtes: Fortaleza. Capitale de Céara, l’état le plus pauvre du Brésil, cette ville est l’exemple même du paradoxe brésilien. Au-delà de sa côte luxuriante, de ses complexes hôteliers et de ses plages idylliques, Fortaleza se caractérise aussi par son tourisme sexuel, ses milliers d’enfants des rues et ses favelas. Une réalité bien plus noire, qui ne correspond pas à l’image que le Brésil souhaite vendre aux médias.

Les deux journalistes sont allées à la rencontre de ces Brésiliens en colère mais aussi des "indésirables" que les autorités cherchent à cacher, en les excluant de la ville. Le résultat sera présenté dans un "webdocumentaire" qui sortira au mois de mai. Quatre vidéos de 8 minutes aborderont différentes réalités à travers le regard de témoins locaux sur les thèmes suivants: les déplacements de population, le tourisme sexuel, les enfants des rues et le réveil des mouvements sociaux.

Les journalistes ont lancé une opération de "crowfunding" pour financer les 5.000 euros nécessaires à leur projet. Elles ont pour l'heure atteint 40% de cette somme.
Pour les soutenir: www.kisskissbankbank.com/copa-para-quem

MVL/CP

Catégorie : International

Dans la même catégorie