Le 6 mars s'ouvrira à Istanbul une réunion de responsables des Eglises orthodoxes. La situation de l'Eglise orthodoxe ukrainienne devrait être à l'ordre du jour.
Convoquée par Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople et "chef spirituel" de 300 millions de chrétiens orthodoxes, cette réunion a failli être annulée, en raison de l'absence possible du patriarche de Moscou. Elle a finalement été maintenue mais son ordre du jour initial (la préparation du concile panorthodoxe en 2015) devrait être chamboulé en raison de la situation en Ukraine.
Dans ce pays en effet, coexistent deux Eglises orthodoxes: à l'ouest, on trouve l'Eglise orthodoxe du patriarcat de Kiev, fondée à la suite d'un schisme avec l'Eglise orthodoxe de Russie en 1991 et non reconnue par les Eglises canoniques, mais aussi l'Eglise gréco-catholique (uniate), tandis qu'à l'est (russophone) est installée l'Eglise orthodoxe du patriarcat de Moscou. Cette dernière ne reconnaît pas l'Eglise de Kiev, bien que le nombre de fidèles soit équivalent des deux côtés.
Vers une reconnaissance de l'Eglise orthodoxe ukrainienne?
Bien que, selon Antoine Arjakovsky (directeur de recherche au Collège des Bernardins et fondateur de l'institut d'études oecuméniques de Lviv en Ukraine), ce soit la Russie qui a reçu son "baptême" des Ukrainiens, l’Ukraine est aujourd’hui religieusement vassale de la Russie. Le patriarche de Moscou, Cyrille, a donc fait savoir qu'il entendait obtenir, lors de cette réunion à Istanbul, un consensus de ses confrères pour continuer à considérer l'Ukraine comme "territoire canonique" de l'orthodoxie russe. Mais les événements survenus ces dernières semaines pourraient jouer en faveur de la reconnaissance d'une Eglise orthodoxe ukrainienne autocéphale…
P.G. (avec La Vie)

