Amnesty International a publié ce 27 mars son rapport annuel sur la peine capitale. Dans le même registre, le Sénat belge vote cette après-midi une loi interdisant la Belgique d’extrader des prisonniers risquant la peine de mort dans leur pays d’origine.
L’année dernière pas moins de 778 condamnés ont reçu la peine de mort dans 22 pays du globe. C’est ce qu’a déclaré Amnesty International dans son rapport annuel qui rappelle que les chiffres issus de Chine ne sont pas inclus dans ces statistiques.
Publié ce 27 mars, le rapport annuel sur la peine de mort d’Amnesty révèle également une augmentation du nombre d’exécutions par rapport à l’année 2012 qui en comptabilisait 682. Les peines de mort sont appliquées majoritairement dans les pays comme la Chine, l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite, les Etats-Unis ou encore la Somalie. A la tête de cette liste noire se trouverait la Chine même s’ "il s’avère impossible d’obtenir des chiffres précis sur l’application de la peine capitale dans ce pays, ces données étant classées secret d’Etat," rappelle l’ONG. Avant d’insister sur le fait que "le chiffre de 778 personnes exécutées dans le monde n’inclut pas les milliers d’exécutions qui ont eu lieu en Chine."
L’Iran et l’Irak ont affiché une augmentation des exécutions pratiquées dans leur pays. L’année 2013 a toutefois vu la cause de l’abolition progresser dans toutes les régions du globe. Au total, 99 pays, parmi lesquels la Belgique, ont interdit la peine de mort. "Il y a 20 ans, 37 pays appliquaient activement la peine de mort. Ils n’étaient plus que 25 en 2004, et 22 en 2013", rapporte encore l’ONG.
Le signal fort de la Belgique
En Belgique, le Sénat vote à l’heure actuelle en séance plénière une loi interdisant notre pays d’extrader des prisonniers condamnés pour une infraction punissable par la peine de mort dans le pays étranger. Le sénateur PS Philippe Mahoux avait insisté pour que cette disposition soit adoptée avant la fin de la législature. "Il s’agit de s’opposer résolument à la peine de mort et d’envoyer un signal fort", a-t-il déclaré dans Le Soir.
Lors de la visite éclair du président américain en Belgique, des militants d’Amnesty en ont profité pour rappeler à Barack Obama les engagements qu’il n’avait pas tenus en matière de droits humains dans son pays.On peut sans doute s’attendre à des actions similaires d’Amnesty lors de la visite officielle du président chinois Xi Jinping en Belgique du 30 mars au 1er avril.
Sophie Timmermans

