La fin du mois de mars sonnera la fin du plan hiver à Bruxelles. Au total quelque 900 personnes devront passer leurs nuits dans les rues de notre capitale.
A Bruxelles, le plan hiver qui vient en aide aux sans-abri pendant la période la plus froide de l’année prendra fin le 31 mars. Même si l’hiver a été plus clément cette année, les hébergements d’urgence ont toutefois affiché complet. Plus de 1000 lits ont été mis à la disposition de personnes précarisées mais dès le 1er avril, seules 110 places subsisteront. Le calcul est vite fait : 900 personnes se verront contraintes de vivre dans la rue dans une dizaine de jours.
Le Samusocial, qui coordonne le plan hiver à Bruxelles, estime que plus d’un tiers de ces personnes sont "très vulnérables". Il s’agit notamment de familles avec des enfants ou d'adultes à pathologies lourdes liées à l’alcoolisme, à la drogue ou à des déficiences psychiatriques.
Des aides prolongées pour 189 personnes précarisées
Certes, ces dernières années, la capacité d’hébergement dans les situations urgentes comme le plan hiver a augmenté. Preuve que l’extrême pauvreté s'intensifie et n’épargne en rien notre capitale. Quant au nombre de places disponibles tout au long de l’année, il est resté scandaleusement bas : 110 places seulement pour toute la région bruxelloise. Le Samusocial a donc lancé un appel à l’aide en interpellant certaines personnalités politiques chargées de l’aide aux personnes au sein de la Cocom (Commission communautaire commune). Et il a obtenu gain de cause puisque sur proposition de Brigitte Grouwels et d’Evelyne Huytebroeck, toutes deux membres du Collège réuni de la Commission communautaire commune en charge de l'Aide aux Personnes, le Collège réuni a décidé ce jeudi 20 mars de prolonger la prise en charge des familles les plus vulnérables encadrées actuellement par le dispositif hivernal. Du 1er avril au 30 juin, ces familles continueront à bénéficier d’un logement, d’un accompagnement ainsi que d’une orientation. Cette aide supplémentaire diminuera progressivement jusqu’à la fin du mois juin. Cette mesure de soutien de la Cocom est spécifiquement destinée aux 56 familles qui sont accueillies par le dispositif hivernal et qui ont été identifiées comme étant vulnérables. Au total, 189 personnes sont concernées par cette mesure.
Des accueils de jour …et la nuit ?
Parmi les nombreuses associations qui viennent en aider aux sans-abri, citons l’asbl catholique bruxelloise "Chez Nous – Bij Ons" qui accueille et accompagne en journée des personnes précarisées. Elle leur apporte une aide de première nécessité en leur offrant un repas, des vêtements, des produits d’hygiène mais aussi en leur prêtant une oreille attentive et en leur redonnant confiance en eux.
La société Saint-Vincent de Paul œuvre également au service des plus démunis. En plus de venir en aide aux plus pauvres en leur offrant de la nourriture, des vêtements et un logement, cette organisation catholique apporte un soutien moral et un accompagnement essentiels à la réinsertion de la personne marginalisée.
De nombreux centres de jour existent à Bruxelles mais ce sont des lieux où passer la nuit qui manquent dans la métropole. La situation est d’autant plus alarmante que la pauvreté augmente d’année en en année et ronge peu à peu de nouvelles franges de la population.
Sophie Timmermans

