Le mouvement de boycott contre Israël semble prendre de l'ampleur. Plusieurs entreprises européennes retirent leurs investissements du pays, par crainte d'être associées à la politique israélienne d’occupation des territoires palestiniens et à la poursuite de la colonisation. L'Union européenne n'est pas favorable à ce mouvement.
Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) remporte un succès grandissant à travers le monde. Par peur de voir leur image se ternir si elles continuent de travailler avec l'Etat hébreu, de plus en plus d'entreprises et de fonds d'investissement européens ont effectivement coupé les ponts avec les firmes israéliennes qui sont en lien avec les colonies juives en Cisjordanie.
Ainsi, la Deutsche Bank a-t-elle publié une liste noire d'entreprises à l'éthique douteuse, sur laquelle figure la banque israélienne Hapoalim. Son tort: être présente dans les colonies. Dernièrement, PGGM, un important fonds d'investissement néerlandais, a décidé de couper les ponts avec ses partenaires israéliens. Enfin, toujours selon la presse, une entreprise italienne, Condote de Agua, a retiré sa candidature d’un appel d'offres israélien pour la construction d’installations portuaires à Haïfa et Ashdod.
Des "antisémites" pour Netanyahu
Le Premier ministre Benyamin Netanyahu n'est pas content, bien qu'il se dise confiant dans le savoir-faire technologique d'Israël pour continuer d'attirer les investisseurs étrangers. Devant un parterre de leaders juifs américains, il a notamment déclaré que le temps était venu de voir ces "boycotteurs" pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des "antisémites". Il est vrai que, pour bon nombre de juifs, cela évoque les terribles souvenirs du boycott des nazis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'Union européenne, pour sa part, est opposée à un boycott d'Israël. A l'issue d'une réunion avec les chefs de la diplomatie européenne, où le processus de paix au Proche Orient a été évoqué, la Haute représentante Catherine Ashton a effectivement déclaré qu'elle ne voulait pas voir Israël isolé. L'Europe, a-t-elle précisé, est prêt à apporter un soutien "sans précédent" aux Israéliens et aux Palestiniens, "avec un accent particulier sur les jeunes", si les deux parties reprennent le chemin des négociations. Elle a d'ailleurs exprimé son soutien aux efforts diplomatiques conduits par l'administration américaine.
Les négociations pataugent
Ces efforts, malheureusement, n'ont rien donné de très concret jusqu'à présent. Le secrétaire d'Etat John Kerry a même déclaré, il y a peu, n'avoir jamais vu un pareil niveau de méfiance entre les deux camps. Pour lui, un accord de paix reste "possible", mais sera "difficile". Pour le moment, l'objectif est de parvenir à un "accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un accord de paix et destiné à persuader l'Etat hébreu et l'Autorité palestinienne de poursuivre les pourparlers au-delà de l'échéance du 29 avril. Cet "accord-cadre" tracerait les grandes lignes d'un règlement définitif sur les questions dites de "statut final": les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.
Rappelons que le Vatican est favorable à l'existence de deux Etats et réclame la reconnaissance d’un statut spécial internationalement garanti pour la ville de Jérusalem, une position qui irrite au plus haut point les responsables israéliens.
Pascal ANDRE

