Les jeux Olympiques de Sotchi se sont refermés ce dimanche dans le même faste qu'on avait pu observer lors de l'ouverture. Après les exploits sportifs, on retiendra surtout le contexte malsain des jeux d'hiver les plus chers de l'histoire.
Les jeux de Sotchi ont été présentés comme une occasion de redorer, aux yeux du monde, l'image de la Russie et en particulier du président Vladimir Poutine. "Les Jeux de Sotchi montreront au monde entier la diversité culturelle de la Russie, mais ils seront aussi le catalyseur du développement de nouveaux mouvements dans le cinéma, la musique et le théâtre, tout en contribuant à protéger les sites culturels et en permettant une initiation aux valeurs culturelles de millions de Russes", pouvait-on lire sur le site officiel Sotchi2014.com.
Avant même le début des jeux, de nombreux observateurs internationaux pointaient ce paradoxe: les jeux de Sotchi sont les plus chers de toute l'histoire des jeux Olympiques d'hiver, et ce, dans un pays où la pauvreté touche la majeure partie de la population. Il y a sept ans, l'annonce du choix de Sotchi avait déjà soulevé la polémique et semé le doute sur l'impartialité et les motivations du CIO (Comité international olympique). A côté des candidatures de Salzbourg (Autriche) et Pyeongchang (Corée du Sud), la ville russe semblait avoir peu de chances, ne fut-ce que pour des raisons budgétaires "La station balnéaire, située sur les bords de la mer Noire dans la région explosive du Caucase, partait de très loin. De zéro même, l'intégralité des sites devant sortir de terre dans une zone auparavant quasi vierge d'infrastructures sportives", écrit le Huffington Post.
La facture, annoncée initialement par Vladimir Poutine à 9 milliards d'euros, est montée à 37 milliards d'euros. Le précédent "record" était détenu par Pékin en 2008 avec 26 milliards d'euros. "Cette somme russe constitue même l'équivalent des six dernières olympiades hivernales additionnées", relève encore le Huffington Post.
Un soutien spirituel
Plus d’une centaine de religieux chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes et juifs étaient présents Ces religieux des cinq grandes religions mondiales - christianisme, islam, hindouisme, bouddhisme, judaïsme – ont apporté un soutien spirituel et psychologique aux sportifs, mais aussi aux spectateurs. Trois centres interreligieux étaient en fonction dans le Parc olympique du district d’Adler, au bord de la mer Noire, et à Krasnaïa Poliana, le complexe olympique en montagne. Mais selon l’agence de presse russe Interfax, les services religieux n’ont pas été réguliers.
Par ailleurs, des "chapelains olympiques" accompagnent certaines délégations, comme par exemple celle de l’Autriche, qui a bénéficié du soutien du père Johannes Paul Chavanne, âgé de 30 ans. De leur côté, les Églises catholique et protestante d’Allemagne ont édité une brochure destinée aux athlètes allemands. Contenant des extraits de la Bible, des prières et des méditations, ce livret est préfacé par Mgr Robert Zollisch, président de la Conférence épiscopale, et le pasteur Nikolaus Schneider, président du Conseil de l’Église évangélique en Allemagne.
Sport et politique, quelle est la frontière?
Dans un entretien accordé à l'agence de presse chinoise Xinhua (Chine Nouvelle) l'universitaire français Pierre Picquart invitait à "arrêter de politiser ces Jeux" estimant qu'"ils offrent toujours une magnifique occasion de réunir des sportifs du monde entier, au-delà des multiples barrières économiques ou géopolitiques qu'imposent des situations internationales complexes". Difficile pourtant de ne pas politiser ces jeux quand on voit Vladimir Poutine parader devant les objectifs alors que dans l'Ukraine voisine, les opposants au régime porté par la Russie, comptent leurs morts par centaines.
Le sport a beau être un des moteurs de rassemblement et de cohésion le plus performant au monde, il ne surpasse pas pour autant les priorités liées au respect de la vie humaine. Ce sont sans doute les JO qui ont été les plus chers, mais aussi ceux qui ont été sans âme. Car c’est la seule chose qui ne s’achète pas!
Manu VAN LIER - photos: Sotchi2014.com

