Euthanasie : la société civile impose peu à peu le débat… à un jour du vote


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Euthanasie : la société civile impose peu à peu le débat… à un jour du vote
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Pétition de pédiatres, sorties de députés, manifestation des Dossards Jaunes : la Belgique commence enfin à parler de la dérive de l’euthanasie des enfants malades. Mais la Chambre des représentants compte néanmoins passer au vote final pour ce jeudi soir.

La Chambre par TG

"Le gouvernement belge doit reconsidérer sa position !" a lancé le Congrès International de Soins Palliatifs Pédiatriques. Les 250 spécialistes réunis à Bombay (Inde) n'ont pas hésité à tancer la Belgique. Les médecins issus de 35 pays ont exprimé leur effroi devant un tel projet, rappelant que "l'euthanasie n'est pas une alternative !"

Par ailleurs, l'association d'étudiants flamingants Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV) a déclaré "ne pas se retrouver" dans l'idée d'euthanasie d'enfants malades, appelant les parlementaires à voter en écoutant leur conscience. Une voix qui influencera peut-être la N-VA, dont le soutien au projet indispose nombre de ses électeurs.

Dans les colonnes du journal Dimanche, la députée MR Marie-Christine Marghem, avait déjà pointé la flou complet sur le concept de "capacité de discernement" de l’enfant. Un flou que le projet de loi ne règle absolument pas. Elle a redit sa volonté de contrer le projet et espère bien convaincre ses collègues députés.

Le collectif des Dossards Jaunes a également mené une action hier soir : une centaine de manifestants se sont réunis Place de la Liberté à Bruxelles. Outre le fait que cette place soit à un jet de pierre du parlement, son nom faisait aussi écho à la demande des 160 pédiatres de préserver leur liberté. Le chiffre initial de 39 signataires s’est considérablement étoffé depuis quelques jours. Ce projet est en effet très mal perçu par les spécialistes, qui estiment que la possibilité d’euthanasie sur les enfants va profondément modifier le rapport entre médecin et patient. Le rôle du médecin ne serait plus de guérir mais de donner la mort. Une situation qui existe déjà dans le cas de l’euthanasie des adultes, mais qui sera ressentie de manière encore plus forte par les enfants malades.

La presse tire également la sonnette d’alarme. Francis Van de Woestyne, éditorialiste à La Libre Belgique, souligne le ce projet est plus motivé par l’idéologie que par le souci des enfants malades : "Le danger est que cette loi, votée en fin de législature, ne soit finalement qu’un trophée, conçu non pas pour soulager la détresse des enfants ou des familles mais pour des raisons strictement politiques. La seule urgence à laquelle elle répond n’est pas médicale ou psychologique mais idéologique."

Consciente que la population n’était pas vraiment au courant de ce projet mettant en péril la solidarité envers les malades, la presse donne la possibilité aux citoyens de s’exprimer. La Libre et RTL proposent ainsi chacun un sondage sur l’euthanasie des enfants. Vers 15h, le sondage de La Libre montrait que la majorité des lecteurs estimaient que le projet devrait être refusé (43%) ou post-posé (21 %) par la Chambre. Même tendance sur RTL, dont 62% des téléspectateurs soutenaient le report du vote ! Une tuile pour les initiateurs du projet, qui se seraient bien contentés d’un vote rapide et dans la discrétion.

La Chambre des représentants a prévu de se saisir du sujet aujourd’hui, avant de voter demain soir. Mais la coalition de circonstance entre socialistes, écologistes, libéraux et N-VA ne semble pas vouloir se remettre en question, malgré l’appel de plus en plus pressant de la société civile.

M. B.

Catégorie : Belgique

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