Cardijn : les explications d’un canoniste


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Cardijn : les explications d’un canoniste
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Une béatification est un long travail qui associe de nombreux spécialistes. Coup d’œil sur ces procédures aussi peu connues que méticuleuses.

Kerkelijke Rechtbank Kardinaal Cardijn

Prestation de serment des membres du tribunal (C) Kerknet

 

La plupart des procédures dans l’Eglise sont organisées sous forme d’un "tribunal",composé de trois juges, nommés par l’évêque diocésain.

Les différentes étapes de la procédure en béatification sont réglées par l’instruction Sanctorum Mater de Benoît XVI: un tribunal diocésain enquête sur la vie du candidat, puis transmet le dossier à la Congrégation pour la Cause des Saints à Rome. Ce dicastère reprend alors tout le travail diocésain pour s’assurer qu’il a bien été réalisé.

Le canoniste Thibault Denotte nous explique: "il y a le postulateur, qui va devoir trouver tous les éléments positifs. Son vis-à-vis est le promoteur de justice, qui recherche si les vertus n’étaient pas héroïques."

 

Le problème des preuves de sainteté

Autres collaborateurs: les notaires, qui vont rechercher les déclarations de témoins et chargés d’authentifier les différentes pièces. Il faut en effet des preuves tangibles de la sainteté de la personne. Par ses actes ou par ses écrits, le candidat doit avoir mené une vie chrétienne exemplaire et transmis sa foi autour de lui. Lorsque c’est possible, on interroge ainsi des anciens proches. En cas d’enquête sur une guérison miraculeuse, on nomme également un médecin qui examinera la personne guérie.

Mais que faire lorsqu’il n’y a plus aucune preuve matérielle? C’est ainsi le cas des premiers Indiens convertis ou de certains ermites du Moyen-âge: impossible de retrouver des traces! Le dossier peut alors traîner très longtemps.

Ce jeudi, les différents acteurs du procès ont prêté serment en présence de Mgr Léonard. L’ archevêque de Malines-Bruxelles en a profité pour rappeler qu’il avait rencontré le cardinal Cardijn lorsqu’il était séminariste à Rome. "Je le vois encore assis dans le réfectoire, vêtu de sa simple soutane noire" s’est souvenu Mgr Léonard. "Il nous a parlé de sa jeunesse, de ses années de séminaire et de ses premières années comme jeune prêtre".

 

Un coût prohibitif?

Une procédure en béatification fait intervenir de nombreuses personnes, ce qui implique de devoir les payer. De même, rassembler toutes les preuves de sainteté peut avoir un coût. Il y a quelques jours, le Vatican a d’ailleurs annoncé que toutes ces dépenses seront désormais soumises à une grille tarifaire; le but est d’éviter qu’il n’y ait de trop grandes différences de budget entre les causes de béatification. Mais il n’a jamais été question d’obtenir une béatification contre de l’argent.

 

M. B.

Catégorie : Belgique

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