30% à Liège et à Mons, 20% dans les treize autres antennes; les repas servis dans les Restos du Cœur belges ne cessent d'augmenter depuis deux ans et il devient de plus en plus difficile de répondre aux demandes.
C'est en Belgique, en 1985, qu'est né le concept "Restos du Cœur". Cet hiver-là, les silos et les frigos de l’Europe sont pleins. Pourtant, des ventres sont vides et des gens vont encore mourir de faim et de froid… La Belgique va réagir et mener une action contre la faim. Des étudiants de Solvay, appuyés par des hommes politiques, mais aussi des journalistes de l’époque, aidés par des grands groupes de la distribution, ouvrent les premiers Restos du Cœur le 21 décembre 1985. Par ailleurs, les Wallons déposent, par l’entremise d’un politicien, une proposition sur la pauvreté en Europe au Parlement Européen à Strasbourg. Mais l’idée ne perce malheureusement pas. Elle traversera pourtant la frontière franco-belge pour interpeller un artiste, Coluche. Après avoir relayé à l'échelle française le concept belge des Restos du Cœur, Coluche revient chez nous le 22 février 1986 où il ouvre officiellement les Restos du Cœur en Belgique et plus spécifiquement celui de Liège.
La "belgian touch"
La Fédération des Restos du Cœur de Belgique regroupe, aujourd'hui, 15 Restos (11 en Wallonie, 2 en Flandre et 2 à Bruxelles) répartis sur tout le territoire belge. Dès le départ, le concept belge se distingue de celui de son voisin français. Ouvrir 3 mois, c’est bien, mais c’est se voiler la face: l'homme doit manger toute l'année et pas seulement quand il fait froid. Les Restos du Cœur belges, eux, décident alors d’ouvrir du 1er janvier au 31 décembre, avec des fréquences différentes suivant les saisons.
Comme en France, le service offert aux démunis dépasse rapidement la fourniture de repas et la mise à disposition de nourriture. Colis alimentaires, distribution de vêtements chauds et de couvertures, épicerie sociale, bibliothèque, réinsertion socioprofessionnelle, accès aux douches, ateliers d'alphabétisation… L'offre est vaste et la demande encore plus.
Fréquentation en hausse, moyens en baisse
En 2012, 584.000 repas ont été distribués via les différents Restos du Cœur belges, contre 475.000 en 2011. Depuis deux ans, la demande ne cesse d'augmenter. En moyenne, elle est en hausse de 20%; avec un pic allant jusqu'à 30% pour les Restos de Liège et de Mons. Rien d'étonnant, quand on sait que la pauvreté augmente. Des personnes qui savaient joindre les deux bouts il y a quelques années, ne savent plus le faire aujourd'hui. Pourtant, on parle ici de travailleurs! Mais, parce que leurs salaires sont faibles, leurs loyers élevés, le sur-endettement souvent présent, ils ne peuvent plus faire face et appellent à l'aide en se tournant vers les associations caritatives, tels les Restos du Cœur.
Si les repas servis augmentent, les moyens pour les fournir diminuent. Les subsides de la Ville et les produits donnés par le secteur de la grande distribution sont en régression.
Restent les dons qui, eux, n'ont pas faibli; ils augmenteraient même de 5 à 10% depuis 2 ou 3 ans. Et chacun d'eux compte: en donnant 3€ par mois, vous offrez 1 repas chaud complet pour une personne tous les mois. En donnant 10€ par mois, vous offrez un colis alimentaire pour une famille de 3 personnes pendant une semaine. En donnant 30€ par mois, vous offrez un repas chaud complet pendant deux semaines, du lundi au vendredi. Et donner de sa personne en tant que bénévole est aussi un don!
Sylviane Bigaré
Plus d'infos sur: restosducoeur.be
