Le ministre PS de l’Action sociale, Rachid Madrane, veut instaurer une politique de "bientraitance" à l’égard des personnes âgées à Bruxelles. Dans certaines maisons de repos, les mauvais traitements prennent la forme de contention physique ou médicamenteuse.
La contention physique ou médicamenteuse peut être perçue comme un acte de maltraitance. Les maisons de repos peuvent toutefois avoir recours à ce procédé si aucune autre alternative pour le bien du patient ne peut être envisagée.
Déjà en 2009, un service d’écoute pour personnes âgées maltraitées (SEPAM) avait été mis sur pied par l’asbl Infor-Home, soutenu par la Cocof, de la Cocom et de la VGC. Cette permanence téléphonique offre une écoute et un soutien aux seniors et leurs proches. En 2012, 924 appels ont été recensés. Un peu moins d’un tiers (31%) des appels émanaient directement d’un senior vivant toujours à son domicile. Quant aux institutions, elles appellent moins, avec seulement 13% des coups de fil enregistrés. C’est alors la famille qui appelle le SEPAM, avec 53%.
Rachid Madrane, ministre PS de l’Action sociale pour la Région Bruxelles-Capitale, a édité une circulaire pour encadrer davantage la contention. Il veut ainsi mieux garantir les droits des personnes âgées résidant dans des maisons de repos. Dans le document il insiste sur la définition du mot contention qui englobe toutes les pratiques visant à limiter ou à contrôler le comportement d’une personne. Cela va de l’attachement d’une personne à son lit ou à son fauteuil pour éviter les risques d’une éventuelle chute à la contention médicamenteuse qui drogue et assomme le résident.
La contention doit rester un acte d’exception
Selon le ministre, la contention "porte atteinte à la liberté de mouvement et expose parfois à des risques pour l’intégrité physique de la personne contenue. Elle doit donc rester un acte d’exception. Car même en état de dépendance physique, nos personnes âgées doivent pouvoir voir respecter leur dignité et leur liberté. Il m’a donc semblé nécessaire de réduire l’usage de cette pratique et d’en améliorer la sécurité, en l’encadrant strictement."
L’acte de contention doit en effet être approuvé par la personne âgée qui bénéficie toujours de ses moyens intellectuels. Sinon, c’est le représentant de la personne concernée qui devra donner son accord. Un certificat médical devra également justifier la contention.
La circulaire met également sur la table des alternatives de "bientraitance" à l'égard de nos aînés. Une campagne de sensibilisation sera bientôt lancée auprès du personnel et des directions des maisons de repos bruxelloises.
S.T. (avec Le Soir)

