Luxembourg : Xavier Bettel veut supprimer les cours de religion


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Luxembourg : Xavier Bettel veut supprimer les cours de religion
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Le nouveau gouvernement luxembourgeois, entré en fonction le 4 décembre dernier, a dévoilé son programme pour l’année à venir. Surprise : le gouvernement s’attaque d’abord aux cours de religion.

Xavier_Bettel

Le Premier Ministre luxembourgeois Xavier Bettel

Au Grand-Duché de Luxembourg, tous les élèves ont le choix entre un cours de religion ou un cours de morale. La première option est la plus populaire, suivie par 70 % des élèves du primaire et 60 % des secondaires.

Si la leçon est intitulée "cours de religion", il s’agit de tout sauf d’un catéchisme ; les élèves sont invités à s’exprimer sur des grands enjeux ou des personnages célèbres tels que Mère Teresa ou Martin Luther King. Si des temps de silence sont ménagés pour faire réfléchir les élèves, les prières n’y ont pas leur place.

Malgré ces "garanties", le gouvernement Bettel, projette de supprimer le cours de religion pour ne préserver que le cours d’enseignement aux "valeurs", qui présenterait l’ensemble des courants philosophiques et religieux ; tout un programme ! Le nouveau gouvernement veut rassurer en promettant que ce cours de "valeurs" serait donné de manière "objective". Il laisse néanmoins planer un doute : le gouvernement considère-t-il qu’un cours de religion ne peut pas être objectif ?

Ce projet ne semble pas du tout emporter l’adhésion des Luxembourgeois : d’après le sondage, 72 % de la population souhaite maintenir l’alternative entre les deux enseignements. Une pétition pour maintenir les deux cours a quand à elle recueilli près de 3.500 signatures.

Vers une séparation de l’Église et de l’État ?

Le projet gouvernemental va plus loin : le programme présenté le 10 décembre indique que "les réalités sociétales requièrent une remise en cause des relations actuelles entre l’État et les cultes". Alors que les ministres des cultes reconnus (israélite et quatre Églises chrétiennes) sont payés par l’État, et que les communes sont financièrement solidaires des fabriques (gestion matérielle des paroisses), le gouvernement a prévu d’entamer des « négociations », sans préciser s’il s’agissait d’abolir ou de réduire ces avantages.

Avec un sens des priorités qui laisse pantois, le gouvernement estime même que le financement des ministres des cultes relève d’une des « questions essentielles » en matière sociale.

Dès 2014, le programme officiel de la Fête nationale devrait aussi voir disparaître le traditionnel Te Deum célébré dans la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg. A l’image de ce qui se fait en Belgique, le Te Deum était pourtant devenu une célébration interreligieuse.

M. B. (d'après La Croix)


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