La Région bruxelloise se penche sur l’avenir des églises


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La Région bruxelloise se penche sur l’avenir des églises
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

eglise1000brigittines01L’avenir des églises bruxelloises est un sujet sensible, tant il passionne. Si les lieux de culte catholique constituent aussi un important patrimoine, force est de reconnaître que certains édifices se dégradent. Dans le cadre d’une réflexion globale sur la question, la Région de Bruxelles-Capitale a organisé le 17 décembre un colloque qui a réuni de nombreux acteurs concernés, à commencer par les représentants de l’Eglise.

Si depuis des siècles, les églises occupent une place centrale dans la ville et constituent des symboles identitaires importants, il est indéniable que le patrimoine que représentent les églises est parfois en péril. Les églises sous-utilisées ou abandonnées se détériorent rapidement, à l’extérieur comme à l’intérieur. Faut-il désacraliser et réaffecter certains édifices religieux? Faut-il les maintenir ou les partager avec d’autres communautés chrétiennes?

Le dossier est complexe à deux points de vue. D’abord parce que le statut des églises paroissiales dépend à la fois du droit canonique et de la législation régionale sur les bâtiments du culte; de plus, certaines églises sont classées et ne peuvent pas recevoir n’importe quelle affectation nouvelle. Ensuite, les églises sont bien souvent importantes aux yeux des habitants; tant les fidèles qui souhaiteraient en bénéficier pour la prière, mais aussi pour les non-pratiquants qui habitent le quartier. Mais il est vrai que l’entretien des bâtiments coûtent cher, leur rénovation éventuelle aussi, et que les pouvoirs publics réchignent à mettre la main à la poche lorsque les fabriques d’église n’en ont pas les moyens.

Le contexte général a changé

Mgr_KockerolsInvité comme orateur au colloque, Mgr Jean Kockerols (photo), évêque auxiliaire pour Bruxelles, a pu livrer sa vision de cette problématique. Mais il a tout d’abord souligné l’importance de mettre autour de la table tous les acteurs concernés: responsables politiques et religieux, fonctionnaires de l’urbanisme, du patrimoine et des pouvoirs locaux, auteurs d’études sur le patrimoine religieux bruxellois ou encore, des développeurs et auteurs de projets chargés de concevoir et d’assurer la réaffectation d’églises. Sans oublier des responsables de fabriques d’Eglise et des citoyens. Quelque 300 personnes ont suivi avec intérêt les différentes interventions et panels de discussion.

Après avoir rappelé l’historique de la construction des églises à Bruxelles, Mgr Kockerols a tenu à circonscrire son propos autour des églises paroissiales catholiques à Bruxelles, soulignant la politique qui a prévalu quant à leur construction, jusqu’en 1970, dans la Région de Bruxelles-Capitale. "Le bâtiment église a une fonction multiple. Mais le contexte général a fort changé; l’Eglise rencontre de nouveaux défis", a-t-il déclaré.

Il a précisé que depuis une dizaine d’années, les paroisses de Bruxelles ont été invitées à se regrouper en unités pastorales, lesquelles ont permis à certains lieux de connaître un nouvel élan. Mais il a aussi précisé qu’il fallait promouvoir en certains endroits une réflexion d’ordre pastoral, qui implique que le lieu de culte ne soit plus uniquement dévolu à la paroisse locale, ce qui est un processus nouveau, assez inédit pour l’Eglise en Belgique.

D’abord une réflexion d’ordre pastoral

Comment se décide un regroupement de paroisses? "Le discernement pour des regroupements de paroisses est en tout premier lieu un discernement d’ordre pastoral. {…} On tiendra compte de l’importance symbolique forte dans la cité de certaines églises", a précisé Mgr Kockerols.

Lorsqu’une église ne peut plus accueillir de messes, que faire? Mgr Kockerols rappelle que le droit canonique est très clair: "La désacralisation de l’église est un acte juridique posé par l’évêque au terme d’une procédure fixée par le droit de l’Eglise." Et d’ajouter: "Des églises peuvent connaître un usage mixte. D’autres abritent des communautés catholiques d’origine étrangère. Dans d’autres cas encore, l’église peut être confiée à une communauté chrétienne non catholique." Sinon, et en dernier recours, le diocèse préfère qu’un lieu de prière soit maintenu sur place.

Quoi qu’il en soit, la question n’a pas été résolue et la discussion devrait se poursuivre encore durant des années.

M.B./J.J.D.

Nous avons interrogé Mgr Jean Kockerols à propos de ce colloque. Ecoutez sa réaction:


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