Comment mieux réguler les flux migratoires et sauver les migrants qui jouent leur vie sur des bateaux de fortune? L'Europe propose 38 mesures.
Le 3 octobre dernier, l'Europe découvrait l'ampleur d'une nouvelle tragédie au large de l'île italienne de Lampedusa: un bateau de pêche transportant plus de 500 migrants, en grande majorité des Somaliens et des Erythréens, faisait naufrage, ne laissant que 155 survivants. Un accident terrible, qui venait s'ajouter à des centaines d'autres naufrages. Depuis 1988, la Méditerranée est en effet devenue un gigantesque cimetière qui aurait englouti en vingt ans, selon l’Office international des migrations, 25.000 personnes.
Montrée du doigt pour son inefficacité afin d'éviter ces drames de l’immigration, la Commission Européenne a rapidement provoqué deux réunions, desquelles ont émergé 38 propositions de mesures.
Sauver des vies
Le plan de la Commission vise notamment à renforcer la surveillance des frontières "pour aider à sauver des vies", a expliqué la commissaire chargée des Affaires intérieures Cecilia Malmström. L'Europe va multiplier les opérations de contrôle à ses frontières extérieures et renforcer ses capacités de détection des bateaux en Méditerranée. Un réseau européen de patrouilles sera établi qui devrait concentrer son action sur les principales routes migratoires entre Chypre et l'Espagne et améliorer les interventions précoces. Coût de cette stratégie: environ 14 millions d'euros par an. L'opération suscite toutefois des réserves. La crainte est que les organisations criminelles lancent les embarcations lorsque les navires de Frontex sont signalés afin qu'ils récupèrent les migrants…
Aider les pays les plus exposés
La Commission européenne propose également d'accroître l'assistance et la solidarité envers les pays particulièrement exposés à ce type d'immigration. L'Italie et Malte vont ainsi recevoir respectivement 30 millions et 20 millions d'euros pour les aider à faire face à l'afflux de migrants en améliorant entre autres, les capacités d'accueil, les capacités de traitement, ainsi que les capacités d'examen et d'enregistrement. La Commission veut également obtenir pour les marins qui portent secours à des migrants en détresse l'assurance de ne plus être punis, comme c'est le cas pour le moment en Italie.
Dans les 38 mesures proposées, il est aussi question de renforcer la lutte contre la traite des êtres humains et la criminalité organisée en favorisant notamment l'échange d'informations et en renforçant la collaboration avec des pays tiers, comme l'Egypte, la Tunisie ou l'Azerbaïdjan.
Par ailleurs, la Commission européenne s'est dite prête à examiner la possibilité d'entrées protégées dans l'UE, qui pourraient permettre à des ressortissants de pays tiers d'avoir accès à la procédure d'asile en dehors de l'UE.
Les propositions de la Commission seront discutées ce jeudi au cours d'une réunion des ministres de l'lntérieur de l'Union européenne à Bruxelles.
P.G.

