Estrela : les coulisses d’un puissant lobby


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Estrela : les coulisses d’un puissant lobby
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Edite Estrela

La députée européenne Edite Estrela (PSE)

A la grande surprise de tous les observateurs, le Parlement européen a rejeté le rapport Estrela ce mardi midi. Ce rapport voulait amener l’Union européenne à financer l’avortement et les manipulations génétiques sur les embryons humains. Malgré de très fortes pressions des lobbies, les parlementaires ont tenu bon.

 

Le rapport sur les "Droits à la santé sexuelle et reproductive" de la députée européenne Edite Estrela visait à faire adopter toute une série de revendications historiques du lobby pro-avortement. Parmi ceux-ci: la reconnaissance de l’avortement comme un droit et le financement de l’avortement dans les pays qui l’interdisait (y compris hors-UE).

En séance plénière, 334 députés européens ont voté pour une résolution alternative, ce qui entraînait de facto le rejet du texte. La résolution alternative rappelle, conformément au Traité, que ces questions ne relèvent pas de la compétence européenne mais sont laissées au libre-choix des Etats-membres.

Ce rejet du rapport, au stade final de la procédure, est donc un réel revers pour le lobby pro-avortement. Provoquant un incident, la députée Estrela a pris la parole pour insulter ses collègues du Parlement, les traitant d’ "obscurantistes hypocrites". Une fin de parcours peu honorable pour une élue européenne.

Des pressions sur les parlementaires?

Tout au long de la procédure, plusieurs lobbies ont tenté d’orienter le vote des parlementaires; selon la Fédération Humaniste Européenne, plus de 80.000 emails auraient été envoyés. Et ce nombre ne comptait pas les emails et lettres envoyées durant la dernière semaine! Ce bras de fer entre lobbies et élus révèle un autre enjeu: le financement de certains groupes par l’UE.

Le Lobby Européen des Femmes, la Fédération Internationale des Plannings Familiaux et la Fédération Humaniste Européenne ont ainsi écrit aux parlementaires pour les presser d’adopter le rapport. Mais une analyse fouillée du rapport démontre qu’ils auraient été les principaux bénéficiaires de ces subventions. L’adoption du rapport Estrela aurait donc été une belle manière pour ces lobbies de renflouer leurs caisses.

Cette affaire pose la question du financement public de certains lobbies par l’Union européenne. En particulier lorsque ceux-ci défendent des positions très contestables sur le plan éthique.

M. B.

 


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