L'Afrique du Sud et le monde entier ont commencé ce vendredi à rendre hommage à Nelson Mandela, premier président noir de l'Afrique du Sud démocratique.
"Notre bien-aimé Nelson Mandela, le président fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix entouré de sa famille aux environs de 20h50 (...) Notre nation a perdu son plus grand fils", a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma lors d'une intervention en direct à la télévision annonçant officiellement la mort de Madiba.
Dès l'annonce de ce décès, des centaines de personnes de toutes origines ont commencé à se rassembler près de la maison de Mandela, à Johannesburg, pour rendre hommage au père de la nation arc-en-ciel.
La date des funérailles n'est pas encore connue, mais ce seront des obsèques nationales qui seront bien évidemment organisées, auxquelles participeront de nombreux chefs d'Etat du monde entier qui ont déjà salué celui qui était l'incarnation de la réconciliation raciale.
Hommage unanime
Le roi Philippe a ainsi adressé un courrier de condoléances au président sud-africain dans lequel il indique que "Nelson Mandela est une inspiration pour nous tous".
Pour le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, Mandela fut un homme hors du commun qui restera une source d’inspiration pour des millions de citoyens. "Madiba incarne pour beaucoup l’idée que l’on peut changer le cours des choses et qu’un monde meilleur reste possible. Avec son souvenir, plus que jamais, cette idée continue à vivre (…) Il a transformé une société de haine en une nation arc-en-ciel plus ouverte et plus respectueuse des différences. Un porteur d’espoir s’est éteint", a confié Elio Di Rupo.
Aux Etats Unis, Barack Obama, a rendu un hommage appuyé à Nelson Mandela qu'il considérait comme l'un de ses pères spirituels. Il a notamment salué un homme "courageux, profondément bon" . "Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l’Afrique du Sud et nous a tous émus", a déclaré le président des Etats Unis, ajouant qu'il avait fait "plus que ce que l’on peut attendre d’un homme".
Drapeaux en berne
Il n'y a pas qu'en Afrique du Sud que les drapeaux ont été mis en berne, en signe de deuil. C'est aussi le cas aux Etats Unis et au n°10 Downing street à Londres, là où demeure le Premier ministre britannique David Cameron, qui, en 2006, avait demandé pardon pour les "erreurs" de son parti à l'époque de l'apartheid. "Une grande lumière s'est éteinte", a-t-il déclaré, saluant "une légende dans la vie, et maintenant dans la mort".
En France aussi, les drapeaux sont en berne. Pour le président Hollande, Nelson Mandela a été "l’incarnation de la Nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l’Afrique".
En Palestine, le président Mahmoud Abbas a salué "un symbole de la libération du colonialisme et de l’occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté".
Pour le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, Mandela est "une source d’inspiration" pour le monde entier. Le Dalaï-Lama, autre prix Nobel de la Paix, a dit de son côté avoir perdu un "ami cher".
La chef de l’opposition birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a également rendu hommage à "un être humain remarquable" qui "nous a fait comprendre que nous pouvons changer le monde".
Même Pelé, la légende du football brésilien a pleuré sur Twitter la mort de celui qui "était mon héros, mon ami, mon compagnon dans la lutte en faveur de la cause du peuple et pour la paix dans le monde".
Pour le pape François, un exemple qui doit inspirer les Sud-Africains
Au Vatican, au lendemain de la mort de Nelson Mandela, le pape François a rendu un vibrant hommage au premier président noir de l’Afrique du Sud démocratique. Dans un télégramme adressé au président sud-africain Jacob Zuma, le pape argentin "salue l'engagement constant montré par Nelson Mandela pour promouvoir la dignité humaine de tous les citoyens de la nation et forger une nouvelle Afrique du Sud basée sur les fermes fondations de la non-violence, de la réconciliation et de la vérité".
"Je prie", conclut le Pape François, "pour que l’exemple du défunt président puisse inspirer des générations de Sud-Africains à placer la justice et le bien commun en tête de leurs aspirations politiques".
Le message des évêques catholiques sud-africains
Dans un message de condoléances adressé à la famille de Nelson Mandela, Mgr Stephen Brislin, archevêque du Cap et président de la "Southern African Catholic Bishops’Conference" (SACBC), souligne que Mandela "n’a jamais fait de compromis sur ses principes et sur sa vision d’une Afrique du Sud juste et démocratique où tous ont des opportunités similaires, y compris en sacrifiant longtemps sa propre liberté personnelle". Mandela, poursuit Mgr Brislin, "malgré les souffrances importantes rencontrées durant sa vie, n’a jamais répondu au racisme par le racisme. Les paroles prononcées lors du procès pour trahison sont encore aujourd’hui sources d’inspiration: J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai caressé l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle les personnes vivent ensemble dans l’harmonie et avec des possibilités égales".
Dans ce message, l'archevêque sud-africain rappelle que "Lorsque Tata a été relâché le 11 février 1990, le pays était dans l’agitation et le sang était versé presque quotidiennement. Par son leadership, qui fut renforcé lorsqu’il devint président en 1994, Mandela a conduit le pays sur la voie de la réconciliation et de la paix, en invitant les Sud-Africains à jeter les armes de destruction à la mer. C’est pourquoi nous lui serons toujours redevables". Et de conclure que "Le meilleur moyen que nous ayons pour honorer la vie de Nelson Mandela est de lutter pour les idéaux qu’il a caressés: la liberté, l’égalité et la démocratie, et de défendre ces idéaux de ceux qui tentent de les corrompre."
P.G.
