Centrafrique : les leaders chrétiens et musulmans se mobilisent pour la réconciliation


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Centrafrique : les leaders chrétiens et musulmans se mobilisent pour la réconciliation
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Bangui-Mgr NzapalaingaLes responsables religieux chrétiens et musulmans de Centrafrique ont entrepris des initiatives communes pour tenter d’interrompre la spirale de la haine dans le pays.

Une rencontre de réconciliation entre les communautés musulmanes et chrétiennes, à laquelle a participé une centaine de personnes, a eu lieu le 11 décembre dans la capitale, Bangui. Le même jour, les leaders religieux ont posé un autre geste symbolique, à savoir la distribution de nourriture à 10.000 évacués de la capitale. Mais derrière ce geste, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Oumar Kobine Layama, président de la Communauté islamique centrafricaine, exhortent surtout la population à ne pas céder à l’esprit de vengeance. C'est tous les jours que ces dignitaires religieux se rendent ensemble sur le terrain pour essayer de calmer la tension, apaiser les rancœurs, rappeler les exigences de la foi en matière de paix et de non-violence. Des rencontres qui s’achèvent par une bénédiction commune.
"Depuis l’arrivée de la Séléka à Bangui, six églises ont été profanées",note Mgr Nzapalainga. "Et depuis l’attaque des anti-balakas et la riposte de la Seleka, le 5 décembre, ce sont six mosquées qui ont été incendiées", ajoute l’imam Layama. Ce dernier vit d'ailleurs à l’archevêché sous la protection de l’archevêque et de la Fomac. "Heureusement que nous nous entendons bien tous les deux", confiait Mgr Nzapalainga au journal "La Croix". "Nos interventions font baisser les tensions dans les lieux où nous passons. Le discours de la haine ne doit pas occuper tout l’espace."

Représailles violentes

La situation en République centrafricaine demeure extrêmement précaire, malgré l’intervention des troupes françaises et de l’Union africaine, en particulier dans la capitale. A Bangui, où vivent un million de personnes, 110.000 habitants ont évacué leur domicile, alors que les agressions et les actes de vengeance se multiplient. Les rebelles de la coalition Seleka qui ont renversé en mars dernier le président François Bozizé sont en grande partie de religion musulmane. Ils se sont rendus responsables de nombreuses violences à l’encontre de la population, et en particulier, des chrétiens. Les groupes d’autodéfense, connus sous le nom d’antibalaka, formés surtout de chrétiens, commettent à leur tour des violences en représailles, non seulement à l’encontre de la Seleka mais également des civils musulmans, considérés comme proches des rebelles.
Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, qui visitait le contingent français déployé dans le cadre de l’opération de maintien de la paix "Sangaris", a déclaré que le pays risquait de sombrer dans l’anarchie et craignait un désastre humanitaire.

Une neuvaine de prières avec AED

Dans son message d’Avent, l’archevêque de Bangui avait mis en garde avec insistance contre cette évolution, et souligné qu’il y a "des gens qui attisent délibérément ces conflits". Céder à cette tentation signifie "faire leur jeu. Beaucoup de gens de mauvaise volonté ne veulent que cela et n’attendent que cela", avait-il souligné. C'est dans ce contexte dramatique, et pour aider à ce que la haine soit surmontée et la paix rétablie, que l’Œuvre internationale catholique de bienfaisance Aide à l’Eglise en Détresse (AED) a initié une neuvaine de prière pour la paix qui commencera ce mardi 17 décembre pour durer jusqu'à Noël.

P.G. (avec Apic et La Croix)

Photo: Mgr Dieudonné Nzapalainga rend visite aux déplacés.


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