Madagascar: Les évêques rappellent à l’ordre


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Madagascar: Les évêques rappellent à l’ordre
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

évêques malgaches 4Dans une déclaration, les évêques de Madagascar ont tiré la sonnette d’alarme pour alerter la communauté internationale, les acteurs politiques locaux et les chrétiens malgaches sur la situation dans le pays.

 

A l’occasion du 75ème anniversaire de la parution de la Bible catholique en Malgache, dans le cadre de la célébration de la clôture de l’Année de la foi, les évêques de la Grande île se sont exprimés avec un ton vif et déterminé. Des propos qui s’inscrivent dans un contexte d’élections. Madagascar est en effet sur le point de franchir ce cap des scrutins démocratiques, après cinq années de crise. Mais l’Eglise de ce pays se prépare aussi à célébrer le Christ Roi, ce 24 novembre, à se réjouir de la canonisation de Jean XXIII et de Jean Paul II, le 27 avril 2014. Rien d’étonnant alors si la déclaration épiscopale malgache se termine par ce verset biblique: "Seigneur!... Tu as les Paroles de la vie éternelle" (Jn 6, 68). C’est pour nous dire en quelque sorte duc in altum, aller au large, aller en eau profonde,… L’enseignement du Christ est ainsi de nouveau mis à l’honneur.

Avec l’Eglise universelle

Les évêques malgaches commencent leur déclaration en se référant à la position du pape. "Le pape François ne cesse de nous exhorter et de nous accompagner pour une nouvelle vie, avec comme priorité la famille et l’éducation des jeunes en vue de la construction d’une Eglise pauvre pour les pauvres et pour les hommes", écrivent-ils en préambule.

Mais cette Eglise catholique se définit aussi comme le peuple de Dieu. Vatican II en parle dans la Constitution sur l’Eglise, Lumen gentium, dans laquelle s'inscrit cette exhortation épiscopale adressée aux chrétiens malgaches: "Nous, évêques, sommes fiers et reconnaissants pour les efforts consentis par beaucoup de militants, pour résister aux épreuves et aux tentations de la vie quotidienne et de la foi. Continuons avec courage à suivre le bon chemin en écoutant toujours l’appel de Dieu à faire sa volonté".

Les évêques de Madagascar abordent aussi les situations sociales, économiques, politiques et culturelles vécues actuellement par les Malgaches. Ces ministres de Dieu dénoncent ainsi "les écarts entre les niveaux de vie", "les assassinats et le terrorisme", "les exclusions tribalistes", "les calomnies", "l’achat des votes", "l’extrême pauvreté", "l’insécurité", etc. Ils reconnaissent que personne ne peut se passer de la mondialisation, mais s’inquiètent sur la concrétisation progressive de la "théorie du genre" qui sous le prétexte de prôner l’égalité entre l’homme et la femme, "qui vise à proscrire l'essence même de la personne humaine, créature faite à l'image de Dieu". Ils constatent combien on piétine la culture malgache, on instrumentalise le "fihavanana", une forme de lien social valorisant cette culture.

En quête de l’instauration d’un état responsable

Le monde politique de l’île est plus particulièrement montré du doigt. En fait, toutes ces réalités sont apparues d’une manière très particulière durant la dernière élection présidentielle. Rappelons que ces évêques ont déjà pris des positions pour sortir Madagascar de l’impasse. Ils observent que certains politiciens manquent d’éthique, estimant "qu’au lieu de servir le pays pour la paix, on se partage la patrie en l’exploitant au maximum. Tous les moyens sont bons et on vient à utiliser même la religion pour accéder à un poste politique". Et la communauté internationale en profite !

Les prélats de l’île ne dépeignent pas uniquement un tableau sombre. Une lueur de lumière existe toujours quelque part pour eux. Les candidats et les élus sont donc invités à réaliser leurs promesses, à ne pas vendre la patrie, à sauvegarder et promouvoir la valeur culturelle typiquement malgache qu’est le "fihavanana". S’attaquer en priorité aux conséquences des crises qui ont secoué Madagascar doit être une priorité. L’assainissement de la Justice et de la sécurité sociale s’avère donc urgent.

Rakotonandratoniarivo Guillaume

 

 

Catégorie : International

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