Impossible d'échapper au cinquantième anniversaire de la mort du J.F. Kennedy tant la couverture médiatique de ce sujet est intense. C'est l'occasion ici de rappeler que s'il fut l'un des présidents les plus jeunes que les Etats Unis aient jamais eu, il fut aussi le premier et le seul catholique à la Maison-Blanche.
Le 22 novembre 1963, le président des Etats Unis entrait dans la légende en étant assassiné à Dallas. Qui l'a tué? Et pourquoi? On ne le saura sans doute jamais. Mais avec sa mort tragique, c'est le "rêve américain", au zénith de sa puissance et de sa gloire, qui a été touché.
Depuis sa mort en tout cas, l'aura de JFK n'a pas baissé quand bien même l'image du héros tragique aura été corrigée par les historiens. Même sa gestion de la crise des missiles à Cuba, qui a peut-être sauvé le monde d'un holocauste nucléaire, a été remise en question.
Mais dans l'opinion publique américaine, le "mythe Kennedy", à jamais jeune, beau et moderne, est intact un demi-siècle plus tard. Il reste un président modèle, à l'instar de Lincoln (qui fut également assassiné), ou de Roosevelt.
Quoi qu'il en soit de son bilan politique (dans lequel on n'oubliera pas son engagement en faveur des droits civiques des Noirs) et de ce qu'il a insufflé à l'Amérique en à peine deux ans de mandat, une chose est sûre: il fut le premier, et à ce jour, le seul président catholique. Un exploit à cette époque! D'ailleurs, quand JFK se présente à la primaire démocrate, il a bien conscience que sa confession joue contre lui. Et pour contrer les rumeurs selon lesquelles, une fois élu président, Kennedy prendrait directement ses ordres du Vatican, le jeune sénateur du Massachusetts choisit de communiquer sur le sujet.
Une barrière entre sa foi et son engagement politique
Dans un discours resté célèbre, prononcé, en septembre 1960, devant l’association des pasteurs de l’agglomération de Houston, il érigea une barrière entre sa foi et son engagement politique. "Je crois en une Amérique où la séparation de l’Eglise et de l’Etat est absolue", indiqua-t-il dans le début de son allocution. Et d'enfoncer le clou quelques paragraphes plus loin: "Je crois en un président dont les opinions religieuses sont du domaine de sa vie privée, ne doivent être ni imposées par lui à la nation, ni lui être imposées par la nation comme condition préalable à l’exercice de son mandat."
Mais ce discours avait aussi pour but de mettre en garde contre tout "ostracisme" à son endroit du fait qu'il était catholique. "Je n'ai pas l'intention de m’excuser de mes opinions devant mes détracteurs de confession catholique ou protestante, tout comme je n’ai pas l'intention de désavouer mes convictions ni mon Eglise dans le but de remporter cette élection (...) Si cette élection devait se décider sur la base que 40 millions d'Américains ont perdu la possibilité de devenir président le jour où ils ont été baptisés, alors c'est toute la nation qui serait perdante, aux yeux des catholiques et des non-catholiques du monde entier, aux yeux de l'histoire et aux yeux de nos concitoyens."
Ce que voulait Kennedy, c'était briser la barrière de la religion. Ce qu'il demandait, c'est d'être jugé sur la base de ses 14 années au service du Congrès, rappelant au passage que le serment d'investiture en tant que sénateur était pratiquement identique au serment d’investiture présidentielle. La main… sur la Bible, on y jure d'exécuter avec loyauté ses fonctions et de protéger et défendre la Constitution, avec "l’aide de Dieu."
P.G.
