En Europe, les propos incitant à la discrimination fusent au point qu’ils se banalisent. Internet et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés par ces discriminations à caractère raciste. Le Centre pour l’égalité des chances et Facebook collaborent actuellement dans le cadre d’un plan contre le racisme sur le web.
Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme planche actuellement sur un meilleur contrôle des commentaires qui inondent les réseaux sociaux. Le plan d’action consiste à repérer plus facilement les commentaires racistes, xénophobes, antisémites ou incitant à la discrimination et à les faire disparaître des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.
Dans sa lutte contre le racisme sur le web, le Centre pour l’égalité des chances a fait appel à Facebook Europe qui s’est dit prêt collaborer. "Récemment, nous avons organisé plusieurs réunions avec les responsables de Facebook Europe, dont le siège est basé à Dublin, pour leur demander de faire retirer ces groupes de discussions à caractère raciste. La société a accepté de les interdire si nous les lui signalons et si nous pouvons lui présenter des éléments significatifs prouvant qu’il y a atteinte", a expliqué Patrick Charlier, directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances au journal Le Soir.
La collaboration avec Facebook : un bon début
Le pendant Europe de Facebook s’est montré ouvert à une intervention extérieure et a fait part de sa volonté de prendre en compte la sensibilité européenne. Cette collaboration représente déjà une victoire quand on sait qu’aux États-Unis la photo d’une adolescente en soutien-gorge postée sur le Net est plus litigieuse qu’une vidéo de décapitation. Pour Patrick Charlier, c’est un bon début. "Sur plusieurs points, nous avons des conceptions très différentes des Américains. Nous sommes donc satisfaits que Facebook se montre ouvert au contexte belge et européen."
La victoire n’est pourtant pas évidente pour tout le monde. Pour Jo Caudron, consultant en médias digitaux, il s’agit là d’un geste symbolique. "Imaginer que Facebook ou Twitter sont prêts à faire un deal avec la Belgique… c’est uniquement parce qu’elles ont des intérêts au niveau de l’e-commerce. D’ailleurs, croire qu’elles vont repenser leur politique de filtrage est illusoire. Au mieux, elles se plieront aux décisions de justice mais sinon, dans ce registre-là, les USA ne jouent jamais le jeu."
Geste symbolique ou non, toujours est-il que le moteur de recherche Google réagit également aux problèmes liés aux droits et aux libertés. Au niveau des droits de l’enfant cette fois, Google a annoncé lundi 18 novembre sa volonté d’élaborer une nouvelle technologie visant à lutter contre la pornographie pédophile sur Internet.
S.T. avec Le Soir
Photo www.facebook.com


