Prêtre du diocèse de Bururi au Burundi, l’abbé Novat a passé plusieurs années en Europe et dans le diocèse de Tournai, notamment pour étudier. Mais ce prêtre africain a une autre particularité: il a été ordonné par Jean-Paul II!
L’abbé Novat a donc pris ce matin l’avion pour rentrer chez lui, au Burundi. Il ne repart pas les mains vides. Fort de ses études en Europe, et de son expérience dans le doyenné d’Antoing, il entend bien mettre ces deux atouts au service de son diocèse de Bururi. Mais, ce prêtre, né à Rutegama, il y a 50 ans, a une particularité: il a été ordonné prêtre le 9 septembre 1990 à Rome des mains du futur saint Jean Paul II. Il n’en a pas pour autant la grosse tête. "C’est le hasard, ou plutôt un heureux concours de circonstances", dit-il simplement lorsqu’on l’interroge sur la question de savoir à quelle occasion le pape l’avait ordonné. Et il précise: "Je n’étais pas seul. Nous étions 25, dont huit séminaristes de mon diocèse". Diocèse qui effectuait à ce moment une visite pastorale au Saint-Siège.
Quel effet cela vous a-t-il fait d’être ordonné par le pape lui-même?
C’est toujours impressionnant. La solennité des lieux et puis être en présence du pape, c’est un moment que je n’oublierai jamais. Je me suis dit que ma vocation était bien établie et que si c’était le pape lui-même qui la consacrait, c’était un signe. Cela m’a renforcé dès le départ de mon ordination.
Etes-vous étonné de voir la rapidité avec laquelle le Bienheureux Jean-Paul II sera canonisé?
Pas du tout. Celui qui a croisé, comme moi, le défunt pape comprend que cela était prévisible. Personnellement, lors de mon ordination, j’ai compris à la profondeur de son regard, à la densité de celui-ci que le pape était un homme hors du commun, en route sur le chemin de la sainteté. Certes, nous aspirons tous à être saint, mais lui, cela se lisait dans ses yeux: il regardait au loin, plus loin que la réalité terrestre. Je n’oublierai jamais ce regard.
Quelles ont été vos missions dans votre diocèse au Burundi?
J'ai d'abord exercé la mission de vicaire de paroisse à Rutana et d'aumônier du Lycée de Rutana de 1990 à 1992 puis je suis devenu animateur-adjoint diocésain des vocations de 1991 à 1996. Ensuite, j'ai exercé la mission d'économe et de vice-recteur au Petit Séminaire de Buta. En même temps, j'étais aumônier du Lycée de Kiremba-Sud de 1992 à 1996. Enfin, j'ai été appelé à devenir économe diocésain et aumônier du noviciat de la "Famille des Disciples du Christ" ainsi qu’aumônier civil du camp militaire de Bururi de 1996 à 2005.
Ensuite, votre évêque vous appelle à poursuivre des études en Europe? De quelles études s'agit-il?
J'ai étudié la philosophie et les sciences des religions à l'Université Catholique de Lille et obtenu la licence en 2010. J’ai également suivi la théologie pratique dans la même université qui m’a conduit à l’obtention de la licence canonique en 2011. Par ailleurs, j’ai étudié les sciences de l'éducation avec comme spécialité un travail éducatif et social et une formation de formateurs à l'Université Charles-de-Gaulle Lille 3 en 2013.
Vous avez passé 4 années en insertion pastorale dans le doyenné d’Antoing. Quelles sont vos impressions sur votre engagement durant ces années?
J'ai été directement associé à la pastorale du doyenné comme vicaire. J'étais membre de l'EAP et étais en plein ministère sacerdotal: eucharisties, baptêmes, funérailles,... J'ai été touché par l'importance de l'accueil et de la place qui m'ont été réservés, par une bonne collaboration avec le doyen et toutes les équipes décanales, par une ambiance de respect, de responsabilité et de solidarité, par une fraternité symbolisée par une grande convivialité dans tout le doyenné, par un esprit de renouveau qui souffle dans le doyenné. Il y a beaucoup d'initiatives et de créativité: soirées de prières organisées pendant les temps forts liturgiques, un groupe de lecture et réflexions théologique et spirituelle, promenade biblique, les assemblées catéchétiques, préparations des baptêmes et mariages... naissance et rayonnement de la chorale "Si Par Foi".
Maintenant que vous rentrez dans votre pays, quels sont vos projets?
D'abord, j'attends une nouvelle nomination dans mon diocèse de Bururi. Je m'occuperai de mon association "Bonne-Espérance" pour les orphelins du sida et de la guerre (50 enfants). Je compte aider mon diocèse à créer et gérer un centre d'accueil, d'écoute et de formation des jeunes en décrochage scolaire, jeunes de rue... et organiser davantage notre centre diocésain pour personnes handicapées de Makamba.
Propos recueillis par l'abbé Jean George et Jean-Jacques Durré

