Alors que le pape vient de convoquer, en octobre 2014, une assemblée extraordinaire du Synode des évêques qui traitera notamment de cette question, le diocèse de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, a décidé de passer outre l'interdiction formelle faite aux divorcés remariés d'accéder aux sacrements.
Sans attendre les résultats du prochain Synode sur la famille annoncé par le Vatican le 8 octobre, le diocèse allemand de Fribourg-en-Brisgau vient de publier des orientations pastorales concernant les "relations avec les personnes séparées, divorcées ou remariées civilement". "De nombreux animateurs en pastorale en lien avec les divorcés remariés sont désorientés", souligne le texte. "D’une part, ils constatent que les personnes concernées se sentent souvent marginalisées, souffrent. De l’autre, ils sont conscients des exigences de l’enseignement de l’Eglise et du droit canonique. Cette boîte à outils leur fournit des orientations et identifie des chemins praticables."
Un accès aux sacrements sous conditions
Ce document n'ouvre pas à un accueil systématique aux sacrements, mais le conditionne à un discernement spirituel: les divorcés remariés ne peuvent accéder à la vie sacramentelle que s'ils apportent la preuve "qu'un retour au premier partenaire n'est vraiment pas possible et que le premier mariage, avec la meilleure volonté, n'est pas vivable". Ils doivent reconnaître leur part de culpabilité dans la séparation et doivent être engagés dans une relation conjugale solide. Sans ces conditions, l'accès aux sacrements n'est pas possible.
Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a réagi vivement à cette nouvelle, estimant qu'au moment même où le pape annonce la convocation d'un Synode extraordinaire en octobre 2014 sur le thème de la pastorale familiale, "proposer des solutions particulières de la part de personnes ou de services locaux peut risquer de générer de la confusion. (…) Il est bon de mettre en évidence l’importance de mener un chemin dans la pleine communion de la communauté ecclésiale".
Avec ou sans l'accord de Mgr Zollitsch?
Sur la forme, ces orientations pastorales ne sont pas signées par l’évêque du lieu – Mgr Robert Zollitsch, qui vient de démissionner pour raison d’âge, mais qui reste jusqu’en 2014 président de la Conférence des évêques allemands –, mais par son directeur diocésain de la pastorale, le P. Andreas Möhrle, et par le délégué à la pastorale des adultes et à la pastorale familiale. Il est toutefois fort peu probable que les responsables de la pastorale aient pu prendre une telle décision sans l'accord de leur évêque, même démissionnaire. En fait, l'Eglise allemande n'en est pas à son premier coup d'essai dans ce domaine, mais à chaque fois, Rome s'y est opposé.
P. A. (avec La Croix et Apic)
Photo : Mgr Robert Zollitsch, évêque démissionnaire du diocèse de Fribourg-en-Brisgau
