Du 30 octobre au 8 novembre, la ville de Busan, en Corée du Sud, accueillera la dixième assemblée générale du Conseil œcuménique des Eglises (COE), l'un des plus grands rassemblements chrétiens au monde. Le choix de ce lieu n'est pas dû au hasard, puisque le COE est engagé depuis 1984 dans un processus de réconciliation entre les deux Corées.
Créé en 1948, à Amsterdam, et basé à Genève, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) représente la plupart des Eglises orthodoxes, anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes et réformées, ainsi que de nombreuses Eglises unies et indépendantes. L'Eglise catholique n'en est pas membre, mais y occupe un siège d'observateur. L'assemblée générale du COE, dont la dernière a eu lieu à Porto Alegre, au Brésil, se tient tous les sept ans. Cette année, c'est la ville de Busan, en Corée du Sud, qui a été choisie pour accueillir la dixième assemblée.
Un lieu symbolique
Du 30 octobre au 8 novembre, 3.000 laïcs et responsables ecclésiastiques, dont 700 délégués des Eglises-membres, vont y réfléchir sur le thème: "Dieu de la vie, conduis-nous à la justice et à la paix". Un lieu et un thème qui n'ont pas été choisis au hasard, puisque le COE est engagé depuis 1984 dans un processus de réconciliation entre les deux Corées. Ce "processus de Tozanso", du nom de la ville japonaise où il a été lancé, a déjà permis plusieurs visites de délégations du COE de l'autre côté de la DMZ, la zone démilitarisée qui sépare depuis 1953 les deux pays. Les Eglises catholique et protestante sud-coréennes aident également les Coréens du Nord de diverses manières, en leur envoyant des colis alimentaires, mais aussi en accompagnant les "défecteurs" dans leur traversée clandestine de la Chine.
Un train spécial pour la paix
Afin d'augmenter la conscience de l'urgence de paix, 60 ans après l'armistice signée en Corée en 1953, un train spécial pour la paix et pour la réconciliation (voir photo) a quitté Berlin, en Allemagne, il y a une vingtaine de jours, pour rejoindre la ville portuaire de Busan, avec, à son bord, 130 représentants des Eglises et de la société civile. "Face à une crise pressante, les Eglises et les communautés religieuses doivent surmonter leurs divisions et agir pour la vie, la paix, la justice et l’amour", a expliqué l'un des responsables du COE. "Le pèlerinage est toujours une expérience de transformation. Nous espérons que le train de la paix transformera nos vies et les vies de tous ceux qui se rencontreront à l’assemblée de Busan."
Quelques textes œcuméniques importants
Si cette dixième assemblée générale a une "orientation clairement sociale", puisqu'elle a pour thème la justice et la paix, elle devrait aussi être marquée par quelques textes œcuméniques importants qui y seront présentés. A commencer par la déclaration "L’Eglise, vers une vision commune", de la commission Foi et constitution du COE, dans le prolongement du document "Baptême, Eucharistie, Ministère" et des réactions des Eglises à ce texte.
Sera également validé à Busan le 9e rapport du groupe mixte de travail du COE et de l’Eglise catholique romaine, fruit de cinq années de travail (2007-2012) et intitulé "Se recevoir mutuellement au nom du Christ". Ce texte insiste notamment sur la formation œcuménique des nouvelles générations de chrétiens et lance des pistes de travail pour 2013-2020: approche commune des problèmes de migrations, approfondissement des racines spirituelles de l’œcuménisme, intensification des relations avec les chrétiens restés à l’écart du mouvement œcuménique…
Enfin, un texte commun – une première – du COE, de l’Alliance évangélique mondiale et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux devrait aussi être présenté à Busan. Ce texte contient des "recommandations de conduite" destinées à interpeller les Eglises néo-pentecôtistes et évangéliques sur leurs méthodes d’évangélisation. Des Eglises néo-pentecôtistes qui ne sont pas membres du COE et n’acceptent pas ses modalités.
P. A (avec La Croix et Apic)
Lire aussi :

