Il y a cinquante ans, l'Eglise, voire le monde, vivait un temps fort non encore égalé à l'heure actuelle; je veux parler du concile Vatican II, qui s'est déroulé à Rome de 1962 à 1965. Des spécialistes se sont repenchés sur le sujet lors d'un colloque organisé le 5 octobre dans le diocèse de Tournai.
C'est le regard croisé des trois intervenants qui a fait le succès du colloque, organisé à l'initiative du doyen principal de Tournai, l'abbé Michel Decarpentrie. Marie-Hélène Lavianne, théologienne, le père Jean-Yves Baziou, sociologue, et le père abbé de l'abbaye de Chimay, Dom Armand Veilleux, ont donné un éclairage nouveau, inédit même, sur cet événement exceptionnel qui n'en finit pas de marquer l'Eglise. Cent-vingt personnes étaient venues écouter leur analyse
Revisiter le concile
Si le père Baziou s'est intéressé aux chrétiens dans le monde politique, la théologienne belge, elle, s'est intéressée à l'Eglise comme peuple de Dieu. Sociologiquement, le peuple est en opposition avec le pouvoir; "ce n'est pas le cas pour l'Eglise", a expliqué Marie-Hélène Lavianne, en se référant bien évidemment à… Vatican II. Mais c'est Dom Armand Veilleux qui a été le plus étonnant en proposant un travail inédit, une lecture transversale du concile concernant le chemin spirituel du chrétien dans sa relation à Dieu, avec option préférentielle pour les pauvres. Le thème n'est pas neuf, c'est le travail du moine trappiste qui l'est!
Vatican II, une Eglise pour tous? Assurément! En libérant l'ensemble du peuple de Dieu de la peur du monde, le concile a ouvert une voie royale à l'engagement des chrétiens. Qui s'en plaindrait aujourd'hui?
Sylviane BIGARÉ

