Il a un métier, parle le flamand et vit avec une européenne. Malgré, cela un jeune Afghan parfaitement bien intégré va sans doute être expulsé de Belgique.
D'origine afghane, Navid Sharifi avait 16 ans quand il est arrivé en Belgique, après avoir vécu longtemps en Iran. Il a alors appris le néerlandais et s'est formé à un métier. Aujourd'hui ce jeune Afghan de 21 ans est plombier, et il vit à Waregem avec une jeune Polonaise. Bref tout irait – presque – bien pour lui sauf que ses demandes d’asile, comme celles de régularisation, ont toutes été refusées à partir de 2011. Son expulsion est imminente. L'avocat de Navid a introduit un recours en extrême urgence et espère que le vol prévu samedi n’aura pas lieu. Mais en Flandre, à peine 0,5% des recours ont une issue positive…
Absence de critères
Ce jeune garçon a donc beau être parfaitement intégré dans la société, rien n'a joué en sa faveur lors de l'examen de son dossier. Parler le néerlandais, avoir décroché un emploi ne constituent en rien des critères juridiques pour une régularisation… Et pour cause, l’Office des étrangers, à qui sont transmises les demandes de régularisation, décide en fait qui doit rester et qui doit être renvoyé sans avoir recours à des critères précis, car il n'y en a tout simplement pas!
Dans le passé, des circulaires établissaient des conditions pour pouvoir être régularisé mais toutes ont été annulées par le conseil d’État suite à des recours du Vlaams Belang. En la matière, c'est le Parlement qui est compétent pour fixer ces critères.
Du courage !
En attendant que le pouvoir législatif ait le courage politique d'indiquer ces critères, c'est le vide juridique et l'arbitraire qui semble prévaloir. Du coup, les amis, les collègues, les anciens profs de Navid, se sont mobilisés pour faire en sorte qu'il puisse rester. Et les avocats ont porté l'affaire sur la place publique via les médias et en interpellant les partis. En l'occurrence, même la N-VA a pris fait et cause pour Navid. "Comment peut-on expliquer que des jeunes parfaitement intégrés et qui paient des impôts doivent quitter le territoire sur le champ, alors que des criminels en situation illégale ne sont pas expulsés", a attaqué le député Theo Francken.
Le dernier mot de cette histoire reviendra donc à Maggie De Block. Mais l'espoir d'un heureux dénouement pour le jeune afghan est très mince. La porte-parole de la Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, a expliqué que cette dernière ne pouvait reprendre des dossiers en main que si, par exemple, l’administration avait mal travaillé... Ce qui, en l'état actuel des choses, ne peut être démontré.
Sauf rebondissement de dernière minute, Navid Sharifi devrait donc être renvoyé en Afghanistan, un pays qu'il a quitté à l’âge de 4 ans et qui est toujours en guerre…
P.G.

