Le dépistage précoce de la trisomie facilité: un danger ?


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Le dépistage précoce de la trisomie facilité: un danger ?
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

depistage génétiqueDepuis cet été, les huit centres de génétique du pays proposent un test sanguin pour dépister la trisomie. Sans risque pour l'embryon, ce test relance la question de possible dérive éthique quant à son utilisation.

Afin de dépister la trisomie, et lorsqu’ils soupçonnent une anomalie quelconque, les médecins effectuent généralement une amniocentèse, étant toutefois conscients du risque de 1 % de fausse couche provoquée par cette technique invasive. Mais il y a quelques mois, le Professeur Jani (chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU Brugmann) a commencé à utiliser une nouvelle technique qui permet de détecter l’ADN fœtal dans le sang de la mère.
Cette technique, fiable à 90%, ne présente évidemment aucun risque pour l'embryon et évite donc le risque de fausse couche. Mais en levant ainsi tout risque de fausse-couche, cette méthode devrait donc être davantage utilisée, ce qui aura pour conséquences probables de faire augmenter le nombre d'avortements pour cause de trisomie. Le professeur Jani estime en effet que plus de 99% des parents décident d’avorter lorsqu’ils apprennent que leur bébé est atteint du syndrome.

Connaître le sexe de l'enfant plus tôt

Depuis cet été, les huit centres de génétique du pays proposent le même test sanguin. Certains se sont élevés contre la pratique de ce test, non seulement du fait de son coût élevé (600 euros) et des répercussions sur le budget de la Santé s'il est remboursé à 100% (comme c'est la cas pour l'amniocentèse), mais aussi et surtout parce qu’ainsi, on en vient à "attenter à la vie d’une population entière parce qu’ils ne sont pas aptes génétiquement. C’est carrément de l’eugénisme", déclare la Fondation Jérôme Lejeune, qui depuis de nombreuses années soutient les familles et réalise des recherches sur la trisomie.
Un risque d'eugénisme accru dans la mesure où ce test sanguin permet également de connaître le sexe du fœtus très tôt, à partir de 2 mois de grossesse. Or, en Belgique, l’IVG peut se faire avant 12 semaines sans devoir clairement donner une raison. Avorter parce que l'on attend une fille alors que l'on voulait un garçon (ou l'inverse) n'est donc pas inimaginable… Sauf si les médecins refusent une telle analyse et ne l'effectuent qu'après le délai de l’interruption volontaire de grossesse.

P.G.

Catégorie : L'actu

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