Pour Amina, ex-Femen, « il faut respecter la religion de chacun »


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Pour Amina, ex-Femen, « il faut respecter la religion de chacun »
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

amina-tunisie-femenAmina Sboui, cette jeune tunisienne égérie des Femen dans le monde arabe, a décidé de quitter ce mouvement qu'elle juge "islamophobe". Mais elle ne renonce pas à son activisme.

 

Dans une entrevue au Huffington Post Maghreb, la jeune fille de 19 ans explique qu'elle "ne veut pas que son nom soit associé à une organisation islamophobe". Elle dit ne pas avoir apprécié l'action où les filles criaient "Amina Akbar, Femen Akbar" devant l'ambassade de Tunisie en France. "Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun", a-t-elle souligné.
Menacée de mort par les salafistes après avoir diffusé sur les réseaux sociaux une photographie d'elle seins nus accompagné du message "Mon corps m'appartient et n'est source d'honneur pour personne", séquestrée par sa famille pendant près de 3 semaines, cette jeune fille de 19 ans avait réussi à s'échapper pour continuer des actions qui ont suscité la controverse en Tunisie et dans le monde. Le 19 mai dernier, elle fut arrêtée pour avoir tagué le mur d'un cimetière à Kérouan et détenue en prison pendant 2 mois avant de bénéficier d'une libération conditionnelle en attendant son procès. En signe de soutien, trois militantes Femen occidentales, avaient alors mené la première action de leur mouvement dans le monde arabe et furent à leur tour interpellées puis relâchées.
Dans l'interview accordée au site Huffington Post Maghreb, la jeune tunisienne a remercié ces Femen qui se sont solidarisées avec elle, ajoutant toutefois que leur action avait aggravé son cas, puisqu'un autre chef d'inculpation a alors été ajouté à son dossier (association de malfaiteurs), alors qu'elle était en prison.
Par ailleurs, Amina Sboui a évoqué la question des ressources financières du mouvement Femen qu'elle estime peu transparent, se demandant si ce n'était pas Israël qui finançait.

Elle continue son combat

Reste que si elle "divorce" du mouvement Femen, Amina n'a pas mis fin à son activisme. Récemment, elle a posé seins nus avec une inscription dénonçant le parti islamiste Ennahda (qui dirige le gouvernement en Tunisie) et envisage d'intégrer le mouvement Feminism Attack, un mouvement anarchiste né au printemps. "Pour moi, le problème en Tunisie n'est pas le parti Ennahda [...], le problème, c'est tout le système. Si l'un de ces partis d'opposition gouvernait demain, ce serait la même chose. Mon problème n'est pas de pouvoir porter une mini-jupe ici [...] mais que demain, une femme puisse être présidente de la République, que dans les milieux ruraux, les femmes ne soient pas celles qui souffrent le plus."
Regrettant ce qu'elle considère comme une "trahison" , l'initiatrice du mouvement Femen, l'ukrainienne Inna Shevchenko estime que la jeune tunisienne "fait un cadeau aux islamistes qui l’utiliseront comme une preuve de ses regrets".

En Belgique, les Femen ont également un groupe d'activistes qui ont déjà mené une action devant la grande mosquée de Bruxelles mais surtout lors d'un débat sur le blasphème à l'ULB auquel participait Mgr Léonard. Au vu de ses déclarations, on peut penser qu'Amina regrette l'agression dont fut victime l'archevêque de Malines-Bruxelles ce soir-là.

P.G.

Catégorie : International

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