Une étude de l'Université d'Anvers, menée de février à avril 2013, inquiète la sphère des seniors. Menée sur plus de 3.641 personnes âgées de plus de 70 ans, vivant en maisons de repos ou à domicile, l'enquête indique que plus de 12% d'entre elles sont dénutries. Souvent, ces personnes ne se rendent pas compte de leur état. De plus, une fois sur deux, les professionnels de la santé en relation avec les aînés ne voient rien venir !
La dénutrition est un état pathologique résultant d'apports nutritionnels insuffisants en regard des dépenses énergétiques de l'organisme (wikipédia). Et cet état de dénutrition n'est pas simple à détecter. D'après l'enquête, 87% des seniors atteints de dénutrition ne savent pas qu'ils en souffrent. Ce n'est pas parce qu'une personne est maigre qu'elle est dénutrie; d'autres signes doivent alerter à la fois la personne concernée et celles qui l'entourent comme, par exemple, la perte de poids de plus de 10% survenant au cours des derniers six mois, ou de plus de 5% au cours du dernier mois, ou encore un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 20. Tous ces signes peuvent traduire une dénutrition.
Le professeur Maurits Vandewoude, de l’Université d’Anvers, qui a coordonné l’étude pose aussi la question de la mobilité du patient liée à son état de dénutrition: "Ces patients en dénutrition ne sont plus que 6% à monter des escaliers ou 9% à se promener. Il y a un cercle vicieux entre la mobilité, la capacité à se mouvoir et la dénutrition. De même, l’existence d’une démence multiplie le risque par trois, et celle d’une dépression par quatre, d’être frappé par une dénutrition", explique le professeur. Les soignants doivent donc être très vigilants et essayer de percevoir l'ensemble de ces signes chez leurs patients.
L’enquête montre également que la dénutrition est plus élevée chez les personnes âgées vivant en maison de repos. 85% des cas de dénutrition ont été détectés dans ces établissements. Souvent emmenés en maison de retraite après un séjour à l'hôpital, les seniors ont manqué de mobilité, ce qui a un certain impact sur leur état de dénutrition. "C’est pour cela qu’il est essentiel de prévoir que le médecin puisse consacrer une consultation spéciale à la nutrition après un tel événement et que le patient soit pesé au moins tous les trois mois", insiste le coordinateur de l'enquête.
La dénutrition n'est donc pas un état pathologique à négliger chez les personnes âgées si l'on veut leur procurer une vieillesse de qualité.
SB
