Un musée à parcourir du bout des doigts !


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Un musée à parcourir du bout des doigts !
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

A La Louvière, le musée Ianchelevici se niche dans l’ancien palais de justice et il ne ressemble à aucun autre. Sa spécificité peut surprendre : vous permettre, si vous le souhaitez, de découvrir les sculptures de l’exposition du célèbre artiste roumain du bout de vos doigts. Il suffit de réserver la visite !

Au musée Ianchelevici, la mise en place d’un accueil et d’outils spécialement adaptés pour une approche multi-sensorielle des œuvres d’art a été très tôt une priorité pour sa conservatrice, Valérie Formery. Une initiative qui lui a d’ailleurs valu l’un des prix « Cap 48 de l’entreprise citoyenne » cette année. Un prix qui récompense les entreprises tant publiques que privées, bien décidées à mener des initiatives exemplaires, originales et encourageantes en faveur des personnes handicapées.

Chaque sens est sollicité

Ici, un chemin podotactile entraine les visiteurs malvoyants de salle en salle. Des informations en braille, des suggestions odorantes ou musicales invitent à découvrir le monde de Idel Ianchelevici. Avec ses personnages, tantôt gigantesques, tout en tourment et en force, tantôt épurés et allégés, l’artiste d’origine roumaine invite les visiteurs à une découverte qui sollicite chaque sens, le toucher en particulier. Alors, pourquoi ne pas en profiter ?
Si le public non-voyant entre directement dans la visite sans appréhension, il en va tout autrement de celui qui a choisi de découvrir à la fois les œuvres de l’artiste et la problématique du handicap visuel en se mettant en situation de non-voyance, c’est-à-dire, un bandeau sur les yeux. Ceux-là se souviennent certainement de la phrase mille fois répétées dans l’enfance : « on ne touche qu’avec les yeux ! » Et tout à coup, c’est le monde à l’envers !
Véritable frustration que cet interdit de « toucher » alors qu’il s’agit du premier et du plus instinctif de nos sens. Celui qui nous met directement en contact avec le monde grâce aux 2000 terminaisons nerveuses par millimètre carré rien qu’au niveau de la pulpe de nos doigts. Et cette fois donc, la permission de palper, frôler, caresser serait donnée… et même encouragée par la guide ! Il faut un temps d’adaptation !
Cette guide s’appelle Kimberley Parée. Elle est historienne et non-voyante. Elle met ses compétences et sa sensibilité au service de ces visiteurs plus curieux que la moyenne : " C’est un public qui n’a pas l’habitude de la non-voyance. Mais il veut en savoir plus. Ils n’ont pas développé leur sens tactile donc effectivement, le bandeau sur les yeux, ils découvrent une sculpture en se demandant si c’est un bras, une jambe et ils se sentent perdus. Au fur et à mesure de la visite, leur toucher devient plus fin et ils sont finalement dans une vraie découverte de l’œuvre. Ils ne découvrent pas seulement les sculptures, c’est toute la problématique de la malvoyance qu’ils entrevoient. C’est peut-être le plus important."

Corinne Owen

Musée Ianchelevici, 21, Place Communale - 7100 La Louvière
Tél 064 28.25.30 - Pour les visites de sensibilisation : prendre rendez-vous directement au musée.

https://www.dailymotion.com/user/Coeur-et-Esprit/1#video=xy48pm

 

Catégorie : Culture

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