«En mars dernier, devant des journalistes et des communicateurs sociaux du monde entier, notre nouveau Pape François a exprimé avec beaucoup de spontanéité, son rêve d’Église : «Ah ! Comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres. Je dois dire que ces paroles ont résonné dans ma tête, jamais une parole du Saint-père ne m’avait rendu aussi joyeux», a lancé le Père Rucquoy du fin fond de sa paroisse en Zambie. Originaire de Ligny, le Père Pierre Ruquoy est parti en République Dominicaine en 1975, plusieurs années avant d’être ordonné prêtre.
Il est maintenant à Mulungushi Agro où depuis plus de six ans, il a commencé une nouvelle paroisse et enseigne l’Écriture Sainte dans un séminaire. Là aussi, des dizaines d’orphelins sont accueillis dans son presbytère.
«Une Église pauvre ! Quelles sont donc les caractéristiques de cette Église ? Les pauvres que je connais vivent constamment dans l’insécurité; ils ne savent pas si demain ils pourront disposer de la nourriture nécessaire pour alimenter leurs enfants. Notre famille “ Des Fleurs de Soleil ” vit aussi dans cette même insécurité profonde. Parfois je me réveille en pleine nuit avec cette grosse question : à quelle porte va-t-on frapper pour recevoir l’argent nécessaire pour la nourriture de ces 90 orphelins ? Pourrons-nous arriver à la fin du mois ? Bien sûr, pour survivre, les pauvres dépendent de la bonne volonté des autres. Nous aussi nous dépendons et il n’est pas aisé d’accepter cette réalité. Cela suppose une bonne dose d’humilité».
Et le Père Ruquoy de lancer un appel à plus de partage : «L’Afrique, plus que les autres continents, porte la croix de Jésus : la croix du Sida, la croix de la faim, la croix de la mortalité infantile, la croix de la misère…. Et, de toute évidence, cette croix n’a pas détruit la joie profonde des Africains et Africaines. Au contraire, ce peuple, débordant d’espérance, ne peut jamais s’empêcher de chanter et de danser parce que la Vie du Ressuscité fleurit sans cesse en son cœur. A nous de les aider à croire en l’avenir».
Suite de cet article de Thierry Crucifix dans Vers l'Avenir


