Le Saint-Siège souhaite que la société civile, les Etats et les multinationales agissent de concert pour mettre en place un système financier orienté vers le bien commun.
Le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a d’emblée fait cette déclaration lundi 13 mai à l’ouverture d’un séminaire sur l’éthique bancaire réunissant au Vatican des banquiers, des chefs d’entreprise et des économistes. Tous sont d’accord sur l’urgence d’une meilleure distribution des richesses mais les avis divergent sur la manière d’y parvenir. Pour le cardinal, il y a un réel déclin du concept de solidarité européenne. Il pointe du doigt « la myopie de certains comportements nationalistes qui minent le projet européen ».
Pour le président du Conseil pontifical Justice et Paix, l’idée d’une supervision des banques européennes a perdu de sa force et il donc urgent d’aller à la racine de la crise. Il propose une politique des petits pas en commençant par favoriser la supervision des systèmes bancaires au niveau national, par pays.
Rigueur ou aide au développement ?
Au cours de ce séminaire des voix chrétiennes se sont élevées pour demander davantage de rigueur. Le président de l’Organisation internationale des entrepreneurs chrétiens a ainsi invité les grands groupes à éviter d’accorder des primes aux dirigeants qui encouragent des comportements superficiels. « Je ne suis pas très satisfait de la décision de la Commission européenne d’accorder un sursis de deux ans à l’Espagne, à la France et à d’autres pays. Je pense que nous devons nous en tenir à une politique plus rigoureuse et commencer par assainir les finances publiques même si cette politique risque d’entrainer des tensions sociales. Faute de quoi, la dette publique des Etats ne cessera d’augmenter », a-t-il dit.
D’autres économistes proposent au contraire de miser davantage sur le développement et d’aider les familles et les entreprises plutôt que les banques. Pour l’Eglise catholique une chose est sure : il faut aider les pauvres et garantir la paix et le respect de la création. Selon le cardinal Turkson, le principe de subsidiarité n’est pas négociable.
Radio Vatican
