Tous les cours organisés dans l’enseignement de la Fédération Wallonie – Bruxelles possèdent un référentiel de compétences… tous sauf un: le cours de religion. Un déficit aujourd’hui comblé par une proposition émanant des responsables de cours de religion. Faute d’une avancée concrète du politique sur la question, les religions ont pris les devants et proposé leurs textes.
C’est au cours d’un colloque sur les « Enjeux communs aux cours de religion » qu’ont été présentés les référentiels de compétences spécifiques de chacun des cinq cours de religion (catholique, islamique, israélite, orthodoxe et protestante), et du référentiel de compétences communes aux cours de religion. « On a voulu montrer au politique notre volonté d’aller vers l’avant« , explique Michel Desmedt, représentant du cours de religion catholique auprès de l’Inspection de l’enseignement. « A travers ces référentiels, nous nous dotons d’un outil qui définit des matières, des compétences et un programme clair« . Pour le cours de religion catholique, ce référentiel a pu s’appuyer sur le programme du secondaire datant de 2003. Pour d’autres cultes, le travail a été plus considérable mais a permis d’élaborer un programme et de définir les compétences qui devront être acquises par les élèves concernés et seront contrôlées par l’inspection. Michel Desmedt tient également à souligner l’importance du référentiel commun.
Au cabinet de la ministre Marie-Dominique Simonet, on se montre très favorable à la publication de ces référentiels et en particulier du volet commun qui rejoint le projet porté par la ministre depuis plusieurs années. Ce référentiel comprend trois compétences communes: la pratique du questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et la citoyenneté abordée du point de vue philosophique et théologique. Seule ombre au tableau, le refus de la morale laïque de participer à la réflexion sur ce tronc commun et de publier son référentiel propre.
Et la suite ?
Pour Michel Desmedt, « la balle est aujourd’hui dans le camp politique ». « Message reçu » répond Alain Maingain, conseiller de la ministre Simonet, qui souligne cependant qu’il y a peu de chance de voir ces référentiels approuvés par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en raison de blocages entretenus par certains partis qui se retranchent derrière la séparation entre pouvoirs publics et cultes. Si ces référentiels étaient validés, cela « renforcerait » la place des cours de religion au sein de notre enseignement, alors que cette place est justement au cœur de discussions politiques.
Dans les faits, ces référentiels seront toutefois mis en pratique dans les cours de religion dès l’année prochaine, ces cours dépendant directement de chaque culte. Par la réalisation de référentiels spécifiques, les responsables des cours de religion veulent montrer que les cours de religion ont leurs raisons d’exister dans le cadre scolaire, tant par le fait qu’ils collaborent à remplir les grandes missions assignées à l’école par le « Décret – Missions » que par le fait qu’ils sont des cours à part entière avec des objectifs bien définis et un cadre permettant une évaluation et un contrôle.
MVL