Réforme du chômage: De sombres lendemains


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Réforme du chômage: De sombres lendemains
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Le 1er novembre 2012, une réforme du chômage, voulue par Monica De Coninck, ministre fédéral de l'Emploi, entrait en vigueur. Six mois plus tard, la dégressivité des allocations attribuées aux chômeurs fait rugir les foules. Retour sur un système qui va entraîner bon nombre de sans-emploi dans une plus grande précarité.

En novembre dernier, le système de chômage subit un important bouleversement. On savait que les montants octroyés aux chômeurs diminuaient avec le temps; cette fois, ils vont être dégressifs beaucoup plus rapidement. Tous les chômeurs complets sont visés par la réforme, mais ce sont les jeunes sans-emploi qui seront les plus atteints.

Réforme, mode d'emploi
En bref, car les voies du système de chômage sont souvent impénétrables, la réforme offre une augmentation des allocations pendant les trois premiers mois de chômage (5% supplémentaires). Cela étant toujours bon à prendre, ceux qui disent que l'on a fait un pas en avant vont bientôt devoir en faire deux en arrière. En effet, après une année de chômage, ce sont des allocations de plus en plus basses, qui vont être attribuées, de mois en mois, pour arriver à un forfait de 1.090 euros pour un cohabitant avec charge de famille, 916 euros pour un isolé et 484 euros pour un cohabitant. Le chômeur arrivera plus vite à ce forfait qu'auparavant, mais jamais avant 14 mois de chômage, et au maximum 4 ans après l'inscription au chômage.
Toutefois, certaines catégories restent dans l'ancien système de chômage. Il s'agit des chômeurs qui ont vingt années de travail derrière eux; de ceux qui ont une incapacité de travail de minimum 33%; des isolés et chefs de ménage de plus de 55 ans; des travailleurs à temps partiel isolés et chefs de ménage et enfin, des chômeurs temporaires. Quand on sait que le seuil de pauvreté est de 1.000 euros pour un isolé et 1.300 euros pour un chef de ménage (un adulte avec un enfant), on comprend que les chômeurs de 2013 descendent dans les rues pour manifester leurs inquiétudes, voire leur colère. "Une réforme injuste et scandaleuse", clame le syndicat socialiste, "qui fera basculer, en 2015, 150.000 sans-emploi supplémentaires sous le seuil de pauvreté ".
Vers qui se tourneront-ils, ces "nouveaux pauvres", ces "laissés-pour-compte du système"? Le CPAS, le Centre public d'action sociale, a pour mission d'assurer un certain nombre de services sociaux et de veiller au bien-être de chaque citoyen. Pourra-t-il répondre à l'avenir aux demandes d'aide qui lui seront soumises de façon accrue? Chaque personne résidant légalement en Belgique a droit à une assistance sociale qui garantit un revenu minimum à l'ensemble de la population. Mais les communes auront-elles les reins assez solides et le portefeuille assez fourni? Poser la question est déjà y répondre!

Sylviane BIGARÉ

Catégorie : L'actu

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