Le dialogue, parlons-en


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Le dialogue, parlons-en
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Originaire d'Amérique du Nord, Dennis Gira a vécu huit ans au Japon, où il a étudié le japonais, le bouddhisme et rencontré sa femme, une Française. La France, troisième étape du parcours, est le pays où ils ont choisi de vivre, et où Dennis enseignait, jusqu'il y a encore cinq ans, à l'Institut catholique de Paris. Il vit aujourd'hui à Tours; ce qui lui permet facilement de faire quelques incursions en Belgique, afin de venir y parler d'un sujet qui lui tient à cœur: le dialogue. Un dialogue que Dennis Gira a mis plus de quarante ans à expérimenter, promouvoir et étudier à travers le monde.

Vous êtes un vrai citoyen du monde. Quelles sont vos priorités d'approche quand vous abordez un nouveau pays, une nouvelle culture, une nouvelle philosophie?
Ma priorité, ce sont les gens. Je les rencontre, et si je veux les comprendre, je dois entrer dans leur culture, leur religion, dans tous les aspects où ils ont de l'expérience. C'est à travers les rencontres, et les lectures aussi que, peu à peu, je peux dialoguer avec ces personnes.

Quelles sont les différentes formes que peut prendre le dialogue?
Je cherche toujours à comprendre qui est la personne que j'ai en face de moi, et comment elle m'interroge. Le dialogue est un moyen pour arriver à cela. Il peut être interreligieux, œcuménique, politique ou interculturel, mais le dialogue qui prime au-dessus de tous est le dialogue interpersonnel. Et le dialogue change en fonction de la personne avec qui je vais dialoguer.

Vous parlez aussi du dialogue "vrai". De quoi s'agit-il?
Je dialogue avec l'autre avec la conviction qu'il a quelque chose d'important à me dire, et je me laisse interroger par lui. Autrement dit, on ne sort pas indemne d'un dialogue vrai. Ce n'est ni une conversation ni une discussion que l'on peut avoir dix fois par jour, et où là, on n'en sort pas changé.

C'est donc exigeant le dialogue, car on peut se mettre en danger, se dévoiler en dialoguant; on peut avoir peur aussi. Qu'en pensez-vous?
Effectivement, le plus grand ennemi du dialogue est la peur. Peur de ne pas être fidèle à sa propre tradition, de la trahir, de ne pas la comprendre suffisamment, et que l'autre puisse ainsi en profiter pour nous dominer. Mais il n'y a pas de domination dans un dialogue. Il faut pouvoir surmonter cette peur, et le chrétien est bien placé pour cela, car il croit que l'Esprit saint est avec lui. L'Esprit saint pousse à rechercher, chez les autres, où il est en train de travailler. Et cette recherche ne peut se faire si on a peur, car la peur paralyse.
Il faut rester fidèle aux paroles du Christ: "N'ayez pas peur". Nous sommes appelés à aller jusqu'au bout à travers le dialogue. Certes, il y a des moments d'incompréhension, de doute, d'hésitation, mais il faut les accueillir et… se lancer.

Sylviane Bigaré

Lire l'entireté de l'interview de Dennis Gira dans le journal Dimanche Express du 6/2.

Catégorie : L'actu

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