L’aide alimentaire européenne sera fortement réduite


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L’aide alimentaire européenne sera fortement réduite
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Coup dur pour les associations d'aide aux plus démunis. Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont décidé de diminuer l'enveloppe consacrée à l'aide alimentaire, malgré l'impact de la crise financière et économique. Seule satisfaction: cette aide n'a pas été supprimée, comme l'avaient demandé certains pays, mais sera pérennisée sous un autre statut.

Le cri d'alerte des associations caritatives n'aura servi à rien: le budget du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) va subir une baisse drastique à partir de l'an prochain. La question doit encore être discutée au Parlement européen, mais si rien ne bouge, cette aide sera de 2,1 milliards d'euros pour la période 2014-2020, contre 3,5 milliards lors de l'exercice budgétaire précédent. Ce qui représente une baisse de 30%.

En prenant cette décision, c'est un peu comme si les chefs d'État et de gouvernement de l'UE demandaient aux pauvres "de sauter un repas sur deux", ironisaient, dans un communiqué, les associations françaises chargées de la distribution de cette aide. Et encore, ces dernières sont relativement soulagées, puisque les pauvres auraient pu être à la diète totale. Certains pays, comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, envisageaient de supprimer ce fonds. Ils estiment en effet que ce type d'aide ne relève pas des compétences communautaires.

Un autre statut juridique

Heureusement, le Conseil européen a décidé de pérenniser le financement de ce dispositif, mais sous un autre statut juridique. Alors qu'il était intégré dans la Politique agricole commune (PAC), il sera effectivement désormais rattaché au Fonds social européen (FSE). Le problème, c'est que ce fonds, outre l'aide alimentaire, s'intéresse également à la distribution de vêtements, à l'aide aux enfants, aux personnes sans-abri, etc. La question est donc de savoir si l'UE laissera les États choisir librement l'affectation des crédit. Sur ce point, les associations caritatives n'ont encore reçu aucun éclaircissement.

Autre souci pour ces dernières: les démarches administratives pour obtenir une aide du FSE sont plus lourdes que dans l'ancien système. Elles vont donc devoir consolider leur trésorerie, afin de pouvoir avancer les crédit, l'UE ne remboursant que des mois plus tard.

Les associations caritatives sont d'autant plus inquiètes qu'elles ont enregistré, l'an dernier, une explosion des demandes d'aide et que rien ne laisse présager, jusqu'à présent, une inversion de cette tendance.

Pascal ANDRÉ


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