Une nouvelle crèche a été installée dans l'église Sainte Alix de Woluwe St Pierre. A cela rien d'étonnant me direz-vous. Effectivement, mais… celle-ci est l’œuvre de Philippe Vroye, artiste et paroissien de Ste Alix. Nombreux sont celles et ceux qui ont été séduits par l'audace artistique et la symbolique religieuse présentes dans cette crèche de Noël. D'autres, il est vrai, ont été quelque peu désarçonnés de ne pas retrouver des repères plus habituels. Il reste que cette crèche est une façon de faire réfléchir et de faire prier le mystère de Noël.
Enthousiaste, le curé de Ste Alix, Philippe Mawet, trace ici quelques balises pour les visiteurs qui s'arrêteraient devant cette crèche hors du commun:
Il y a d'abord le cierge pascal planté au milieu de la crèche pour dire que Noël n'existe que parce que Pâques existe. Une autre façon de manifester les liens entre les deux fêtes est d'évoquer la couronne d'épines à travers le toit de la crèche. Des bois tressés parlent de la Passion du Christ, de son chemin de Croix et de sa Résurrection.
Il y a aussi tout le mystère de Noël qui est traduit par cette crèche. Le toit est un toit percé. Il dit que la crèche du premier Noël n'était pas un hôtel de luxe; la fragilité et la précarité étaient au rendez-vous lors de la naissance de Jésus.
De plus, comme l'ont souligné certains paroissiens, ce toit de la crèche fait penser à un monde inachevé .... ou ravagé. C'est à la fois l'invitation à bâtir un monde où chacun puisse avoir un logement, mais c'est aussi une façon de prendre notre part de responsabilité pour bâtir et reconstruire un monde jusqu'au cœur même des détresses de notre temps.
Et puis, il y a aussi les lumières qui scintillent autour du lieu de la naissance de Jésus. Ce ciel étoilé dans lequel les anges de Noël ont chanté la venue du Messie et appelé les bergers à la rencontre. C'est le mystère de notre terre, en chantier et déjà lumineuse. Lumières fragiles certes, mais capables d'ouvrir des brèches au cœur des ténèbres humaines.
Quant à l'étoile, elle vient indiquer le lieu de la Nativité. C'est elle qui a guidé les mages, mais c'est elle aussi qui est capable d'indiquer la route de Dieu jusqu'au cœur des brumes du quotidien.
La paille et les sapins n'ont pas été oubliés. C'est la paille de nos fragilités; ce sont les sapins verts qui disent la vie plus forte que toute mort. C'est Noël dans ses traditions et dans ses repères.
Point de rencontre entre Dieu et l'humanité, la crèche en dit long sur le Dieu fait Homme. Philippe Vroye, lui, l'a bien compris en ouvrant notre regard à la beauté et au sens qui dit la foi.
Ph. Mawet/SB
Photo: Isabelle Maisin.

