L’Europe et la foi au cœur des discussions


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L’Europe et la foi au cœur des discussions
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Benoît XVI a reçu le nouveau président de la République fédérale allemande, Joachim Gauck. L’ancien pasteur protestant, arrivé au pouvoir en mars dernier, a assuré qu’il rendait visite au pape "en tant que président, en tant que compatriote, mais surtout en tant que chrétien". Il a indiqué avoir évoqué avec lui, le 6 décembre, non seulement la crise de l’Europe, mais aussi la foi en Dieu.

"Si deux chrétiens se rencontrent, ils parlent aussi de Dieu", a souligné l’ancien pasteur luthérien. "Je ne voulais pas parler de ce qui nous différencie mais de ce qui nous unit", a-t-il répondu aux journalistes qui demandaient si la figure de Luther avait été évoquée. Il a ajouté qu’il avait en revanche été question du philosophe protestant allemand Habermas, parfois cité par Benoît XVI dans ses écrits. "Chacun représente la foi à sa manière", a poursuivi le président, qui n’a pas manqué d’exprimer son appréciation du rôle des laïcs dans l’Eglise allemande.

"Je m’attendais à voir un homme fatigué, marqué par le poids de sa charge, a expliqué Joachim Gauck, mais j’ai vu un homme vif, très bien préparé, qui connaissait des détails sur ma vie". Et d’ajouter : "J’ai vu une attitude très concise et pas triomphaliste".

Selon le communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, les discussions entre les autorités vaticanes et le président allemand ont porté sur "la vision chrétienne de la personne ainsi que sur les défis posés actuellement par les sociétés mondialisées et sécularisées". L’Europe et la crise économique qu’elle traverse ont été au centre des discussions entre les deux hommes. "Nous sommes d’accord sur le fait que l’idée de l’Europe ne doit pas être abandonnée", a rapporté le président allemand, qui a également précisé que le pape s’était enquis de l’état du débat sur la question dans son pays. La situation internationale, de même que la crise économique et ses conséquences sur l’Europe étaient également à l’ordre du jour, sans oublier "la contribution que l’Eglise catholique peut offrir" dans ce contexte.

Ce même jour, Joachim Gauck s’est recueilli sur la tombe de Jean-Paul II (1978-2005) dans la basilique Saint-Pierre. Il a affirmé avoir un "lien intime profond" avec le pape polonais, qu’il considère comme un grand homme, notamment pour son rôle dans le mouvement de résistance en Pologne.

Originaire de Rostock, dans le Nord-Est du pays, Joachim Gauck a été élu en mars dernier pour remplacer Christian Wulff contraint à la démission à la suite d’un scandale financier. Pasteur luthérien âgé de 72 ans, fervent anticommuniste, Joachim Gauck fut, à la fin des années 1980, l’une des figures principales du mouvement d’opposition qui mit fin à la République démocratique allemande (RDA).

apic/at


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