Les Carmélites quittent Mons


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Les Carmélites quittent Mons
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

C’est une très longue histoire, vieille de plus de quatre siècles, qui se termine : le Carmel de Mons ferme ses portes. Une eucharistie d’adieu et de reconnaissance sera célébrée ce dimanche 28 octobre à 15h en l’église du Sacré-Cœur, dans ce quartier des faubourgs de la ville où les religieuses étaient établies depuis l’entre-deux-guerres.

En annonçant tout récemment la nouvelle à leurs amis et connaissances, les Carmélites indiquaient que ce n’est pas d’hier que dataient les interrogations sur leur avenir en ce lieu. En 2007 déjà, lorsqu’elles avaient fêté le 4ème centenaire de leur arrivée à Mons, la question se posait : « Tandis que nous célébrions ce glorieux passé où les épreuves n’ont cependant pas manqué, nous prenions quasi simultanément conscience de notre précarité croissante. » Aujourd’hui, l’âge élevé de la plupart des sœurs et le manque de vocations ont guidé ce choix « douloureux et inéluctable » de mettre la clé sous le paillasson, même si elles le font, écrivent-elles, « dans une dynamique d’espérance ».

Elles étaient chez elles

Les sœurs âgées et malades ont déjà quitté le chef-lieu du Hainaut pour s’en aller vivre dans une maison de repos près de Tournai. Les autres achèvent leurs bagages : dans les semaines qui viennent, elles se disperseront, rejoignant d’autres carmels.

C’est en 1607 que les sept premières Carmélites sont arrivées à Mons. « A Mons, les Carmélites sont chez elles », écrivait en 1996 le quotidien régional Nord-Eclair en évoquant cette présence si ancienne. Mais cette existence n’aura pas été exempte de tribulations : « La communauté naissante devra se contenter de logements de fortune et accepter de changer plusieurs fois d’adresse, au gré des largesses de l’une ou l’autre famille noble, mais aussi parfois traquée par les guerres et les sièges subis par la ville. » Depuis la fondation, il y a pratiquement toujours eu des Carmélites à Mons, puisqu’elles n’ont connu que deux périodes d’exil, à la fin du 18ème siècle et dans la première moitié du 19ème siècle.

Une écoute attentive

Dans les années 1930, cependant, le centre-ville était devenu trop bruyant pour ces religieuses vouées à vivre une vie de silence et de prière derrière leur clôture. Dans une plaquette publiée en 1957, pour le 350ème anniversaire, on peut lire à propos du couvent alors situé non loin de la gare de Mons : « La proximité d’autres immeubles contrarie le point des Constitutions qui défend aux Sœurs ‘de voir et d’être vues’ ».

Se présenta à ce moment l’opportunité de reprendre un couvent érigé au début du 20ème siècle par des Visitandines françaises. C’est en 1936 que les Carmélites montoises s’installèrent « hors les murs », au faubourg St-Lazare. Commença alors avec ce quartier une connivence qui devait franchir les décennies et les générations. En annonçant leur départ, le président de la fabrique d’église du Sacré-Coeur, Joseph Mottoul, écrivait dans la chronique paroissiale de ce journal : « Pendant toutes ces années, le couvent de ces Sœurs cloîtrées a été un foyer de prières, de méditations et d’accueil. Les paroissiens, les amis et connaissances trouvaient chez elles une écoute attentive, un partage des peines et des joies personnelles, familiales et professionnelles, portées dans leurs prières. »

Il faut savoir que cette paroisse est née en 1953 grâce aux Carmélites, qui ont cédé à l’époque leur église. Elles n’ont alors gardé qu’un bras du transept, devenu leur oratoire et d’où elles pouvaient participer à la messe dominicale à certaines occasions. Ce quartier, les religieuses ne l’oublieront pas malgré la grande transhumance qui les attend. On n’en veut pour preuve que ce nouveau coq doré, posé à leur initiative au faîte de l’église le 1er octobre dernier, jour de la fête de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus…

Hubert Wattier

Catégorie : Belgique

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