Le Saint-Siège à l’égard des réfugiés et des immigrés


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Le Saint-Siège à l’égard des réfugiés et des immigrés
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Mgr Joseph Kalathiparambil, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, a présenté le 29 octobre, le message de Benoît XVI pour la 99e Journée mondiale du migrant et du réfugié (13 janvier 2013) sur le thème: "Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance". Le prélat indien a appelé les individus et les Etats à faire un effort d’ouverture et d’hospitalité pour les personnes réfugiées, soulignant que « les premières rencontres sont déterminantes ». Pour Mgr Kalathiparambil, Benoît XVI est particulièrement attentif au phénomène des migrations forcées, dénonçant ainsi les mesures restrictives à l'égard des réfugiés en Europe. Le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du dicastère, est également intervenu.

Dans son intervention consacrée au problème des migrations forcées, le prélat indien a expliqué que de nombreuses personnes devaient "quitter leur terre à cause des innombrables violations des droits de l’homme et de la cruauté des conflits sanglants", comme c’est le cas en Syrie, au Mali, en RDC, où 80% des victimes sont des civils. Le destin de ces migrants peut les mener dans des camps de réfugiés, dont le plus spectaculaire est probablement celui de Kakuna au Kenya, où vivent quelque 100.000 réfugiés. Ou dans des contextes urbains "nouveaux et précaires", où les migrants se retrouvent en compétition avec les populations locales, comme c’est le cas en Jordanie, au Liban ou en Afrique du Sud.

Parfois, les migrants ont recours à des contrebandiers qui se révèlent être des trafiquants d’êtres humains. Ils les contraignent aux travaux forcés ou à l’exploitation sexuelle. "Dans l’Union européenne, a précisé Mgr Kalathiparambil, ces situations montrent qu’il est de plus en plus difficile de demander asile, spécialement lorsque, dans certains pays, des mesures restrictives ont été votées afin d’empêcher l’accès au territoire".

Effort d’ouverture

L’intégration de personnes émigrées dans la société d’accueil demande un effort d'ouverture de la part de l'Etat, du grand public et de l'individu, afin d'offrir une « attitude ouverte d'hospitalité », reconnaît le secrétaire du dicastère. Or, insiste-t-il, cette attitude doit être de mise dès l'arrivée des migrants, car les premières rencontres sont déterminantes pour l’établissement des nouveaux arrivants dans la société d'accueil. Le prélat appelle les citoyens du pays d'accueil à faire montre d'une attitude sociable et disponible à l'égard des réfugiés avec « de petits gestes d’attention», tels « un sourire, un salut, une conversation ». Ces « témoignages de proximité » peuvent aider les migrants à « se sentir plus accueillis » et à « faciliter leur intégration dans la société ». Mgr Kalathiparambil a fait remarquer qu'il s'agit d'un processus bilatéral car les réfugiés ont le devoir de s’adapter à leur nouvel environnement.

Rôle dans la nouvelle évangélisation

Dans ce contexte, l’Eglise doit aussi reconnaître les ressources des personnes réfugiées. Elles peuvent en effet être « source d’inspiration pour exprimer la foi de manière nouvelle, et enrichir les sociétés qui les accueillent avec leurs pratiques culturelles et religieuses et par leur façon de vivre et d’exprimer la religion parfois avec plus de chaleur, avec des styles plus expressifs, ou encore plus convaincants », estime-t-il. Pour Mgr Kalathiparambil, l’accueil des réfugiés est un « défi de l’amour chrétien pas tant un devoir, qu’un mode de vivre et de partager où le prochain est considéré comme une personne et non comme un numéro, un cas ou une charge de travail ».

Pas de naïveté

Présentant à la presse le message du pape, le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du dicastère en charge des migrants, a assuré pour sa part que l’Eglise n’entendait pas décourager ou encourager le processus migratoire, mais cherchait "à résoudre les situations telles qu’elles se présentent". "Personne au monde n’a le droit de chasser les migrants, mais aucun Etat ne peut être naïf au point de penser qu’il peut les laisser entrer sur son territoire sans aucun contrôle", a affirmé le prélat italien. Selon lui, "l’Etat doit défendre son identité, penser au bien-être de ses habitants, mais en aucun cas chasser les migrants".

BL avec zenit et apic

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