Le dicastère de la culture en pleine croissance


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Le dicastère de la culture en pleine croissance
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

A partir du 3 novembre 2012, la Commission pour les biens culturels de l’Eglise, organisme en charge de la sauvegarde, de la conservation et de la valorisation de ces biens, dépendra du Conseil pontifical de la culture, a annoncé ce dicastère le 18 octobre 2012. Cette fusion avait été entérinée par le Motu proprio "Pulchritudinis fidei" de Benoît XVI, du 30 juillet dernier.

La commission comptera parmi les autres départements de son dicastère, a assuré le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, dans une interview à l’Osservatore Romano. Cela au même titre que le "Parvis des Gentils", le département "Foi et Art" ou encore celui consacré au sport.

Depuis plusieurs années, le prélat milanais a élargi le champ de compétences de son dicastère. Il souhaiterait d’ailleurs que la future commission visant à superviser la construction des nouveaux lieux de culte catholiques à travers le monde, dont le Vatican étudie actuellement la mise en place, soit aussi en lien étroit avec son dicastère. Il semblerait cependant que cette commission, en charge de l’architecture sacrée, soit placée sous la coupe de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

« Après avoir veillé à la sauvegarde des biens culturels, nous devons travailler à leur valorisation (…) au service de la nouvelle évangélisation et de la dimension esthétique dans la pensée contemporaine », a souligné le cardinal italien, interrogé sur les projets qu’il entend mener comme président de la Commission pour les biens culturels de l’Eglise.

Une longue histoire

Pour suivre les orientations du Concile Vatican II, et en particulier la partie de la constitution "Gaudium et Spes" consacrée à l’engagement culturel, Jean Paul II avait créé deux organismes destinés au dialogue avec la culture et les arts, ainsi qu’à la sauvegarde et à la valorisation du "patrimoine culturel né de la foi chrétienne". En 1982, il avait mis sur pied le Conseil pontifical de la culture. Onze ans plus tard, il l’avait fusionné avec le Conseil pontifical pour le dialogue avec les non-croyants par le Motu proprio (ndlr: acte législatif pris et promulgué par le pape, de sa propre initiative et non pour répondre à une sollicitation) "Inde a Pontificatus".

Il avait aussi créé la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise, dont la genèse est plus complexe. Avec la Constitution apostolique "Pastor Bonus" de 1988, Jean Paul II avait transformé la Commission centrale pour l’art sacré créée par Pie XII (1939-1958) en Commission pontificale pour la conservation du patrimoine artistique et historique de l’Eglise, en l’unissant à la Congrégation pour le clergé. En 1993, en vertu du Motu proprio "Inde a Pontificatus" de Jean Paul II, la Commission pontificale pour la conservation du patrimoine artistique et historique de l’Eglise était devenue la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise. Dès lors, celle-ci ne dépendait plus de la Congrégation pour le clergé.

Selon un communiqué du 18 octobre 2012, l’unification du Conseil pontifical de la culture et de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise "scelle un parcours de convergence (…) vers une vision culturelle large et articulée où l’extraordinaire patrimoine historico-artistique de l’Eglise (…) bénéfice d’un meilleur cadre au sein des activités culturelles promues par le Saint-Siège".

Apic/Imedia

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