Voilà plus de 80 ans que les Grandes conférences catholiques rencontrent un vrai succès. Un livre en retrace l'aventure tandis que la prochaine saison s'annoncent sous les meilleurs auspices.
Les Grandes conférences catholiques vont entamer en octobre leur 81e édition. On connaît désormais les noms de tous les conférenciers de cette année 2012-2013 puisque Manuel Valls, ministre de l'Interieur du gouvernement français, vient de donner son accord pour y participer. Il clôturera ainsi une saison qui débutera le 22 octobre avec le philosophe Raphaël Enthoven et se poursuivra avec Michel Péberau (le 27 novembre), Peter Praet et Philippe Maystadt (le 14 janvier), Jean Vanier (le 18 février), l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan (le 11 mars) et enfin la journaliste politique française Catherine Nay (le 26 mars).
Une nouvelle fois, le succès sera au rendez-vous puisque 1.100 abonnements ont déjà été souscrits. Quelle est la recette de cet engouement? "Un bon équilibre dans l'offre", explique Emmanuel Cornu, président du Comité de direction de cet événement. "Nous veillons toujours à offrir une variété de sujets et de profils chez les conférenciers: philosophe, économiste, homme politique, scientifique, artiste…" La question de la notoriété est évidemment importante mais elle ne doit pas être un critère absolu. "En fait, notre grand plaisir est de pouvoir présenter un conférencier au bon moment, c'est-à-dire juste un peu avant qu'il ne soit très connu", ajoute Georges-Albert Dal, président d'honneur. "Il faut donc avoir une certaine intuition".
A partir de là, le public répond présent. Pour une raison assez simple qui est liée au "contact physique". Cela peut paraître un peu désuet à l'heure actuelle où l'on peut s'informer en faisant un simple "clic" sur une une touche d'ordinateur, mais cette dimension est irremplaçable, "surtout si l'orateur s'écarte de son texte et de ses frontières", note Marcel Crochet, ancien recteur de l'UCL et membre du comité d'honneur des grandes conférences.
80 ans de conférences sur papier
"Miroir de l'évolution de la société contemporaine", selon Emmanuel Cornu, "Grand laboratoire de la pensée, sismographe du 'Globalistan', lieu où l'on explique le changement, où l'on cerne et éclaire l'avenir", surenchérit Mark Eyskens, le plus illustre et fidèle ami de ces rendez-vous (quand on ne lui demande pas d'en être un orateur comme il le fit pour remplacer au débotté Yves Leterme en 2009), ces Grandes conférences font œuvre utile. Et pour marquer leur belle pérennité, le comité de direction a décidé de publier un ouvrage. Signé Éric de Bellefroid, "Tribune de vérités" retrace donc cette "aventure" lancée en 1931 par quatre jeunes étudiants – et futurs avocats – de l'Institut Saint Louis. L'auteur passe donc en revue 80 ans d'histoire des Conférences, avec ses anecdotes (un prince du Danemark quelque peu imbibé lors de son intervention sur la Légion étrangère), ses émotions (la conférence de l'abbé Pierre qui donna lieu à une collecte improvisée), ses grands intervenants (François Mauriac, Margaret Thatcher, Jacques Delors, …). Un joli cadeau qui sera offert aux abonnés de cette année.
Pierre GRANIER
Inscription et programme complet sur www.grandesconferences.be
