Plus de 70 ans après Katyn, les Eglises polonaise et russe appellent à la réconciliation


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Plus de 70 ans après Katyn, les Eglises polonaise et russe appellent à la réconciliation
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Le Patriarche de Moscou et Primat de l’Eglise orthodoxe russe, Cyrille 1er prévoit de se rendre en Pologne du 16 au 19 août 2012. Le 17 août, Il devrait signer avec l’archevêque de Przemyśl des Latins, Mgr Józef Michalik, président de la Conférence épiscopale polonaise, un appel commun "historique" à la réconciliation, adressé aux populations russe et polonaise, en particulier aux fidèles orthodoxes et catholiques. L’archevêque de Przemyśl, se dit favorable à la réconciliation entre les peuples polonais et russe.

Affirmant à une agence de presse polonaise : « Notre message est un appel aux fidèles et à tous, en faveur d’une épreuve de conscience suivie d’une demande de pardon réciproque », « Je suis confiant que notre peuple ne veut pas se souvenir du mal, ou plutôt, tout en s’en souvenant, il ne veut pas transformer ce souvenir en haine », a poursuivi Mgr Józef Michalik, revenant sur le massacre, survenu à Katyn, au printemps 1940. « Parfois, il suffit d’entrouvrir une porte. Le vent de l’Histoire fait le reste en rendant cette porte grand-ouverte », a-t-il estimé à l'évocation de la visite prochaine du patriarche de Moscou.

Officiellement invité par Mgr Sawa, chef de l’Église orthodoxe polonaise, le patriarche profitera de son voyage pour s’entretenir avec le président Bronislaw Komorowski et se rendre à Grabarka, haut-lieu du culte orthodoxe en Pologne. Mais c'est la journée du 17 août qui constituera le point d’orgue de la visite, un appel commun à la réconciliation adressé aux populations russe et polonaise. Il s'agit d'un texte signé conjointement par l'archevêque polonais, Mgr Józef Michalik et le patriarche orthodoxe Kirill de Smolensk.

Selon l’archevêque émérite de Gniezno, Mgr Henryk Józef Muszyński, qui évoquait cette signature dans une édition de l'Osservatore Romano du mois dernier, il s’agit "moins d’un point de départ que du début d’un parcours ensemble, d’une nouvelle étape du témoignage positif de l’amour fraternel entre les deux Eglises, d’un amour qui constitue le critère fondamental du christianisme et de son affirmation". Pour le prélat, l’essentiel est "de susciter, à travers la prière commune à l’Esprit Saint et malgré les différences, davantage de confiance entre nos fidèles et dans le monde qui nous entoure". Le prélat s'exprimait ainsi lors de la visite du patriarche de Moscou à Katyn le 15 juillet 2012.

Le massacre de Katyn
Le nom de massacre de Katyń désigne le meurtre de plus de 20.000 Polonais — essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et des membres des élites polonaises réputées hostiles à l’idéologie communiste — par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD) au printemps 1940 dans une forêt russe près de Smolensk en Russie occidentale. L'URSS a toujours nié sa responsabilité dans le massacre dès qu’il fut révélé par les nazis, ainsi que durant toute la Guerre froide et en a rendu l’Allemagne nazie responsable. En 1990 cependant, la Russie reconnaît que ce massacre avait été ordonné par les responsables soviétiques. Un massacre que l'histoire a retenu comme particulièrement emblématique de l'ensemble des crimes perpétrés par l'URSS contre la nation polonaise.

Une catastrophe aérienne liée à la commémoration de Katyn
Le 10 avril 2010, alors qu'il transportait une délégation devant se rendre à Smolensk pour une cérémonie de commémoration du massacre, l'avion présidentiel transportant le président polonais Lech Kaczynski, tous les passagers et le personnel de bord périt en s'écrasant près de Smolensk. Cette catastrophe secoua le pays entier. Parmi la centaine de victimes se trouvaient dix prêtres qui devaient prendre part à la commémoration du 70ème anniversaire.

BL avec Lcx

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