Décidément, il ne fait pas bon vivre au Pakistan, quand on est chrétien. Cette fois, c'est une petite fille, âgée de 11 ans, qui en fait les frais. L'enfant trisomique a failli être brûlée vive par la foule qui l'accuse d'avoir brûlé des pages du Coran, il y a quatre mois. Placée en garde à vue dans une prison pour mineurs, Rimsha Masih risque la prison à vie.
La fillette atteinte de trisomie 21 est incapable de répondre aux questions qui lui sont posées par les enquêteurs. Comme le souligne la sœur Daniela Baronchelli, des Filles de Saint-Paul, la vie quotidienne des chrétiens au Pakistan est devenue "un enfer". La religieuse dénonce des provocateurs qui trouvent des prétextes pour pouvoir déchaîner la colère des foules contre les chrétiens, avec pour conséquence majeure l'exil des chrétiens. Ainsi, ceux qui étaient installés dans le quartier de la fillette n'ont eut d'autre choix que de quitter la ville, par peur des représailles.
Comme le souligne l'éditorialiste du "Daily Times", le Ramadan se clôture dans un contexte "d'une rare violence. Il n'y aura plus d'espoir à l'avenir que le mois sacré réduise l'effusion de sang; on a plutôt l'impression qu'il encourage les tendances djihadistes de l'ennemi. Et il y aura peu de joie parmi les Hazaras, les hindous, les chrétiens et Ahmadis, victimes de l'intolérance religieuse. Leur sort est aggravé par le manque d'aide officielle".
Pour rassurer l'Occident, le président de la République pakistanaise a toutefois réclamé un rapport détaillé, tandis que le pays a été placé en état d’alerte maximale par peur des attentats, notamment dans les villes de Lahore, Multan et Karachi.
Cette nouvelle affaire, qui concerne cette fois une enfant handicapée, devrait relancer le débat sur la montée de l'intolérance chez les musulmans du Pakistan, où de strictes lois contre le blasphème font de la diffamation de l'islam ou du prophète Mahomet des crimes punissables de la peine capitale. Si les militants des droits de l'homme estiment que cette législation sert principalement à résoudre des différends ordinaires, le gouvernement refuse pourtant de la modifier sous prétexte qu'elle est massivement approuvée par la population.
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