L’Eglise de la RDC marche contre la balkanisation du pays


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L’Eglise de la RDC marche contre la balkanisation du pays
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

L’Eglise catholique en République Démocratique du Congo (RDC) a organisé dans les 47 diocèses du pays, mercredi 1er août, une marche nationale "d’espérance" pour la paix et contre la guerre dans l’Est. Elle manifestait en particulier contre la balkanisation ou le démembrement qui menace le pays. Une manifestation qui reçu un large soutien du gouvernement congolais. Les femmes congolaises ne sont pas restées au balcon invitant la population à se joindre aux efforts de paix. A Kisangani, les représentants de différentes confessions religieuses ont appelé le Rwanda à la conversion.

Des milliers de chrétiens catholiques ont marché mercredi 1er août à Kinshasa pour dire non à la balkanisation de la RDC fomentée par le Mouvement du 23 mars (M23). Cette marche organisée par la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) a mis fin aux trois journées successives d’intenses prières en faveur de la paix à l’Est du pays. Encadrés par la police, les manifestants se sont dirigés après la messe du matin, vers les quatorze doyennés de Kinshasa pour une prière de clôture. «Trop de mort au Congo, pas question de Balkaniser la RDC», scandaient-ils par milliers. 100000 personnes, selon le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Léonard Santedi.

La décision d’organiser cette "marche d’espérance" a été prise par les évêques à l’issue de la 49e assemblée plénière de la Conférence épiscopale nationale du Congo, en juillet dernier. Dans une déclaration publiée à cette occasion, ils avaient dit "non à la balkanisation de la RD Congo", réaffirmant leur attachement à l’unité de la nation congolaise et à l’indivisibilité de la RDC, dans ses frontières issues de la colonisation et reconnues par la Communauté internationale le 30 juin 1960. Dans cette même déclaration, ils exprimaient leur volonté d’entreprendre, à partir du 31 juillet 2012, des actions concrètes pour traduire dans les faits, le refus de l’Eglise catholique d’accepter le démembrement du pays. Car, ont-ils estimé, "c’est le moment de la prise de conscience où le peuple doit choisir de faire triompher l’espoir sur la peur, l’unité de leur destin sur les conflits. C’est le moment de choisir également de défendre l’intégrité de notre territoire".

Une marche soutenue par le gouvernement congolais
La veille l’abbé Léonard Santedi avait invité toutes les personnes de bonne volonté, dont les fidèles d’autres confessions religieuses, à les rejoindre dans "la fraternité, la paix et l’unité". Les manifestants et autres fidèles catholiques ont observé une minute de silence à midi pour "penser à ceux qui ont versé leur sang pour le pays", a expliqué le secrétaire général de la Cenco. A la fin de cette minute de silence, les cloches ont sonné dans toutes les paroisses, "pour réveiller et bâtir un Congo uni".
L'Eglise jouit du soutien du gouvernement congolais pour qui cette marche n'est pas celle d'un parti politique, mais celle de l'unité de tout le peuple congolais qui dit non à la balkanisation du pays. Le ministre de l'intérieur Richard Muyej Mangeze, a d'ailleurs salué cette manifestation "Il est temps que nous constituons un front fort pour faire face au complot qui se développe à l’Est de notre pays", a-t-il affirmé.

La pétition des femmes pour la paix
De leur côté, les femmes congolaises réunies au sein du Cadre permanent de concertation des femmes congolaises (CAFCO), ont signé mardi 31 juillet une pétition destinée au gouvernement congolais et à la communauté internationale également pour dire non à la balkanisation de la RDC. Bandeaux blancs portés sur la tête en signe de paix, ces femmes de toutes les tendances de la Société civile ont réaffirmé leur volonté de s’impliquer dans le rétablissement de la paix au Nord-Kivu, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

A Kisangani, on appelle le Rwanda à la conversion
Les représentants de différentes confessions religieuses et différentes organisations de la société civile ont lancé mardi 31 juillet à Kisangani, en Province Orientale, un « appel vibrant » à la conversion du Rwanda et de ses dirigeants « pour qu’ils redécouvrent dans la RDC, dans les Congolais, un frère ou une sœur, à aimer et non à agresser ». Des fidèles des Eglises de réveil du Congo, l’Eglise protestante, l’Eglise kimbanguiste et l’Eglise catholique, ainsi que les représentants des autorités locales ont pris part à cette rencontre, au cours de laquelle les organisateurs ont lu des messages adressés à la communauté internationale et au peuple congolais.

© photo : Agence Dia

BL (avec apic/Dia/ radio Okapi)

Catégorie : L'actu

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